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grimpe > via ferrata-lundi 13 septembre 2004
Via ferrata n'est pas forcément synonyme d'été. Grâce à son orientation sud, celle de L'Alpe-d'Huez est praticable en hiver les jours ensoleillés. Elle permet de varier son séjour à la neige et de découvrir les joies de l'escalade sans être un grimpeur émérite. Visite guidée de ce parcours aérien mais très accessible. C'est une voie ferrée, mais il n'y a pas de train. Originaires des Dolomites, les via ferrata désignent des itinéraires alpins équipés de câbles, rampes et échelons métalliques scellés dans la roche. Elles permettent de goûter à l'ambiance verticale en paroi sans être un pratiquant assidu de l'escalade.
"Parce qu'elle est exposée plein sud, la via ferrata de L'Alpe-d'Huez est praticable toute l'année. En hiver, il suffit d'attendre deux jours de beau temps après une chute de neige, et vous grimpez tranquillement au soleil", indique Pascal Junique, guide à L'Alpe-d'Huez. L'accès peut se faire de deux façons. Soit par le haut, en se garant à l'altiport Henri Giraud. Dans ce cas, vous empruntez la route du col de Sarenne, qui n'est pas déneigée l'hiver, mais damée. Vous quittez ensuite cette route pour descendre à droite en direction du Gua et rejoindre le pied de la via ferrata (environ une demi-heure de marche). Autre solution : arriver par le bas. Vous vous garez alors au village d'Huez et vous prenez un sentier damé en forêt qui mène à l'auberge de la Combe haute (une heure de marche). L'auberge est située juste à côté du départ de la via ferrata.
Effectivement, bien qu'il ait neigé deux jours auparavant, la falaise a déjà séché ce jour-là et l'ocre du rocher chauffe au soleil. Cette ambiance agréable ne nous fait pas oublier le matériel, qui appartient au registre de la montagne : baudrier, casque, longes, corde et mousquetons. Le but : être en permanence relié au câble, ou "fil de vie", qui balise tout l'itinéraire.
Même pas froid ! Parés de la panoplie du parfait ferratiste, nous empoignons les premiers barreaux de l'itinéraire appelé "sportif". Il existe également une autre variante appelée "découverte", à droite, mais"comme elle est moins raide, la neige s'accumule davantage et fond moins vite", précise Pascal Junique. Bon, va pour le côté gauche !
Nous plaçons les pieds sur les échelons, tout en utilisant au maximum les prises naturelles du rocher. En suivant le câble, nous faisons une traversée ascendante vers la droite. Les gants ne sont même pas nécessaires, tellement le soleil chauffe, alors que nous sommes à près de 1 800 mètres d'altitude ! Puis, de ressaut en ressaut, la paroi se redresse, devient plus verticale, jusqu'à présenter une sorte de bombé qui oblige à tirer sur les bras pour s'élever. Heureusement, il y a toujours la possibilité de "se vacher" (s'accrocher, dans le jargon montagnard) à un barreau pour se reposer. Une fois le bombé passé, l'itinéraire est beaucoup moins raide, et nous finissons par une grande traversée vers la gauche pour sortir sur un plateau enneigé. Là, nous retrouvons l'univers de la station avec ses skieurs et ses remontées mécaniques, mais aussi une très belle vue sur le Taillefer, le Grand Galbert.
Nous venons de gravir les deux cents mètres de cette via ferrata en deux bonnes heures. Il ne nous reste plus qu'à reprendre vers la gauche la route du col de Sarenne pour rejoindre la voiture. Tout près de la station de L'Alpe-d'Huez et de ses aménagements, nous venons de vivre une parenthèse spatiale et temporelle en montagne, comme un petit goût d'alpinisme.
Jeanne Palay | |
| Bureau des guides de L'Alpe-d'Huez : 04 76 80 42 55 |
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