
>rando > ski alpinisme-samedi 31 janvier 2009La 13ème Pyramide, course de ski-alpinisme emblématique d’Oz-en-Oisans, s’est déroulée le 25 janvier dernier. Pour la première fois de son histoire, l’épreuve était intégrée au calendrier de la coupe du monde. Reportage. 
Le départ d’une course de ski-alpinisme comptant pour la coupe du monde ressemble en quelque sorte à un volcan qui rentre en éruption : rien ne semble pouvoir faire dévier le « magma » - en l’occurrence les coureurs – de sa trajectoire. Tout ce qui dépasse – par exemple les bras d’un spectateur un peu imprudent en train de prendre une photo – est susceptible d’être percuté par les coureurs. Il faut dire que ces derniers parcourent les premiers mètres avec la même énergie qu’un Usain Bolt jaillissant des starting-blocks lors de la dernière finale olympique du 100 mètres !

« Ils sont fous de partir si vite lorsqu’on sait le programme qui les attend », semblent penser la plupart des spectateurs présents ce dimanche matin à Oz-en-Oisans. Ce programme, c’est un parcours de 1700 mètres de dénivelé positif, que le vainqueur, l’Italien Guido Giacomelli, avalera en seulement deux heures, cinq minutes et dix-sept secondes ! S’ils partent si vite, c’est d’abord parce qu’ils en ont les capacités physiques : « Sur l’ensemble d’un hiver, ils accumulent entre 150 et 200 000 mètres de dénivelé positif », explique Patrick Rassat, l’entraîneur de l’équipe de France de ski-alpinisme ! Non non, vous avez bien lu, il n’y a pas de faute de frappe ! Un chiffre d’autant plus impressionnant lorsqu’on sait que ces coureurs ne sont pas professionnels, tout du moins en France. A titre indicatif, la prime de course octroyée au vainqueur de cette treizième Pyramide était de 600 euros. Pas de quoi nourrir toute sa famille pendant plusieurs mois…
Petite forme… enfin presque
Si les coureurs partent si vite, c’est aussi parce que la victoire se joue parfois à des petits riens, comme l’explique le Français Yannick Buffet, troisième de l’épreuve : « Les deux Italiens ont fait une dernière montée phénoménale, ils étaient vraiment intouchables. De mon côté, j’étais à la lutte avec l’Espagnol Kilian Jornet pour le podium. Nous sommes arrivés ensemble au sommet de la dernière montée. J’ai été un peu plus rapide que lui pour enlever mes peaux de phoques. Ça m’a permis de repartir juste devant lui. Comme on descendait ensuite sur un chemin très technique et étroit, il n’a jamais pu me doubler et j’ai pu conserver ma troisième place. »

La Pyramide comptant aussi pour l’Open National, on retrouvait aussi des coureurs un peu moins « hors-normes ». Enfin presque… « Le parcours était très technique et assez casse-pattes. De plus, comme la course arrive assez tôt dans l’hiver, je ne suis pas encore très en forme, alors je n’ai pas fait un temps canon », nous confiait Sébastien Deyres. Ce coureur du dimanche, domicilié à Valence, n’a néanmoins mis que trois heures et vingt-trois minutes pour boucler le parcours. Et l’après-midi, il lui restait encore de l’énergie pour profiter d’une demi-journée de ski alpin sur le domaine d’Oz-Vaujany. Pas mal pour quelqu’un en petite forme…
Martin Léger
Les résultats :
Hommes : 1. Guido Giacomelli (Italie) ; 2. Lorenzo Holzeknecht (Italie) ; 3. Yannick Buffet (France)
Dames : 1. Laetitia Roux (France) ; 2. Mireia Miro (Espagne) ; 3. Roberta Pedranzani (Italie)