>rando > ski-alpinisme-jeudi 28 janvier 201076 concurrents étaient au départ de la 14ème Pyramide d’Oz, course de ski-alpinisme comptant pour le classement national FFME et première des trois épreuves du Trophée de l’Oisans. Quel que soit leur classement final, tous ont démontré qu’ils sont des athlètes d’exception.

Lorsque nous lui avons demandé de nous présenter la course, Charles Zurcher, maire d’Oz-en-Oisans et organisateur de la Pyramide, a insisté sur la différence qu’il existe entre le ski de randonnée et le ski-alpinisme. Bien sûr, ces deux appellations désignent une même pratique, consistant à monter une pente en collant des peaux de phoque sous les skis et à la redescendre en enlevant les peaux. Mais, quand la première renvoie à une dimension de loisir, « le ski-alpinisme s’adresse à un tout petit groupe de pratiquants, avec un entraînement extrêmement poussé et régulier. Pour arriver à être classé sur une course comme la Pyramide – qui proposait 2000 ou 1200 mètres de dénivelé positif suivant le parcours choisi – il faut au minimum s’entraîner deux fois par semaine », prévient Charles Zurcher.

Lorsqu’on regarde les temps des différentes équipes pour boucler la course, on comprend qu’il s'agit d'athlètes d’exception. Les vainqueurs du grand parcours n’ont en effet mis que 2h34 pour achever la course, soit à peine une vingtaine de minutes de plus que les meilleurs mondiaux l’an passé, lorsque la Pyramide d’Oz avait servi de cadre à un étape de coupe du monde de ski-alpinisme.
« Tenir jusqu’au bout »
Jean-Luc Christin, troisième de la catégorie « vétérans », que nous avons croisé avant le départ, résumait bien l’état d’esprit qui anime les concurrents qui jouent la victoire lors d’une épreuve de ski-alpinisme : « On part en ski de randonnée avec des peaux de phoque sous les pieds, à fond, à fond, à fond, autant qu’on peut, pour se retrouver devant. Après, c’est des manipulations incessantes des skis, on n’arrête pas de les mettre sur le dos, courir avec sur la montagne, les rechausser, descendre comme on peut en survie avec les jambes en crampes. Et puis on remonte de nouveau, on redescend encore, on tient jusqu’au bout, c’est un bon moment. »

Même les athlètes qui n’ambitionnent pas de jouer les premiers rôles sont un peu hors-normes. C’est le cas de Christophe Comte, un concurrent qui pratique davantage le ski de fond que le ski de randonnée. « C’est ma première course de ski-alpinisme, et c’est seulement la 6ème fois de ma vie que je fais du ski de randonnée. Jusqu’à présent, je n’ai jamais dépassé les 1500 mètres de dénivelé positif dans la journée. » Ce qui n’empêchera pas Christophe, inscrit sur la course en binôme avec un ami, d’achever la course – et ses 2000 mètres de dénivelé positif – en 4h10. Pas mal pour un débutant !
Martin Léger