
>aérien > vol et ski-lundi 2 février 2009Les meilleurs speed-flyers mondiaux se sont retrouvés aux Arcs, les 27 et 28 janvier, à l’occasion du troisième Columbia Speed Flying Pro. Un slalom parallèle et une épreuve de freeride étaient au programme de cette discipline hyper-spectaculaire, aux confins du ski freeride et du parapente.

Skier ou voler ? Voler ou skier ? Trouver le juste équilibre entre le l’air, le relief et la glisse, c’est tout l’enjeu du speed flying. Ra ppelons que ce sport consiste à descendre des pentes hors-pistes à ski, à l’aide d’une mini-voile (entre 7 et 10 m² pour les modèles utilisés par les riders réunis la semaine dernière aux Arcs, contre plus de 25 m² pour une voile de parapente).
Un coup d’œil à la liste des participants de ce troisième Columbia Speed Flying Pro Les Arcs pourrait nous aider à savoir s’il vaut mieux privilégier le vol ou la glisse. Mais le plateau comprenait aussi bien des riders isssus du ski -comme le freerider Romain Raisson - que des pilotes (à l’image de l’Espagnol Felix Rodriguez, champion du monde de parapente acrobatique). Autant dire que nous ne sommes guère plus avancés.
Nous avons un début de réponse en prenant connaissance des règles des deux épreuves au programme. Lors du speed cross (slalom parallèle), les concurrents doivent nécessairement passer les portes en glissant. « S’ils franchissent la porte sans avoir les skis en contact avec le sol, ils écopent d’une pénalité de deux secondes. Et s’ils ratent la porte, on leur rajoute quatre secondes », explique François Bon, directeur de course du Columbia Speed Flying Pro Les Arcs. Il faut savoir que les meilleurs ont mis moins de 48 secondes pour descendre le parcours du speed cross. Celui-ci étant composé de huit portes (soit potentiellement de 16 à 32 secondes de pénalité), ne pas les franchir correctement peut vite se révéler rédhibitoire. Il semble donc préférable d’avoir une bonne technique de ski. « Les coureurs issus de la compétition en ski alpin ont l’avantage sur cette épreuve, parce qu’ils ont déjà la bonne lecture du parcours », confirme Yohan Estève, 12ème au classement général final.

L’épreuve de big moutain s’apparente de son côté à une compétition de ski freeride. Les coureurs ont un une ligne de départ, une ligne d’arrivée et une face pour s’exprimer entre les deux. Un jury les note sur trois critères : choix de la ligne, technique, fluidité/harmonie. « L’idéal, c’est d’avoir du 50/50 entre ski et vol. On attend des pilotes qu’ils fassent du vrai ski dans les parties exploitables et qu’ils volent aux endroits où il y a des rochers ou des barres à sauter. On veut que tout ça soit bien agencé dans la pente, pour que ce soit beau, harmonieux et technique, bref pour que ça envoie du gros ! », détaille François Bon.
S’aider de la voile pour mieux skier
Cet équilibre parfait entre vol et glisse apparaît néanmoins difficile à trouver. La victoire finale d’Antoine Montant – construite dans l’épreuve de big mountain, au cours de laquelle il a davantage skié que volé – tend à démontrer que le speed flying se définit comme du ski assisté d’une voile, et non pas l’inverse. Ce que confirme le vainqueur 2009, couronné pour la deuxième année consécutive : « Dans ce sport, il est primordial d’être un bon skieur, car on évolue toujours en hors-piste. De plus, les bons skieurs ont une bonne lecture de la pente, évaluent mieux que les autres les endroits où on peut glisser et ceux où il faut voler. Aujourd’hui, j’ai fait trois ou quatre sauts pendant ma descente, mais sans véritablement voler. Ma conception du speed flying, c’est d’être le plus possible plaqué au sol et de s’aider de la voile pour skier plus facilement et avec beaucoup de sécurité. A mes yeux, il est plus important d’être bon skieur que bon pilote pour être un bon speed flyer. »
Martin Léger

Les résultats :
Speed Cross (slalom parallèle): 1. Yoan Castagnoli (France) ; 2. Michael Régnier (France) ; 3. Antoine Montant (France)
Big Mountain (freeride) : 1. Antoine Montant ; 2. Dominique Wicky (Suisse) ; 3. David Eyraud (France)
Classement général final (addition du speed cross et du big mountain) : 1. Antoine Montant ; 2. Michael Régnier ; 3. Yoan Castagnoli