
>ski > Aménagement-vendredi 13 janvier 2012
Station surtout connue pour son domaine nordique, Autrans est la petite station qui monte côté ski alpin ! Ayant sorti son épingle du jeu l’hiver dernier grâce à son orientation plein nord et à ses prix attractifs, la commune du Vercors améliore encore son offre ski de piste, avec, entre autres, le doublement de son boardercross, l’engazonnement total des pistes ou la rénovation du bâtiment d’accueil de la Grand Poya au cœur du stade de neige de La Sûre. Des précisions avec Benoit Lafare, le directeur de la station.
Actumontagne : Autrans a une image très nordique et pourtant vous investissez beaucoup sur l’alpin, notamment cette saison. Un changement de cap ?
Benoit Lafare : Autrans a effectivement une image très nordique ce qui ne nous empêche pas, sur le modèle des stations norvégiennes par exemple, de miser aussi sur l’alpin. Nous jouons la carte de l’équilibre entre ski de fond et ski alpin. C’est ce qui fait notre force et nous différencie par rapport aux autres stations. Nos clients pratiquent souvent les deux disciplines. Nous proposons d’ailleurs un forfait qui permet de faire indifféremment l’un ou l’autre pendant son séjour.
Actumontagne : Vous avez achevé l’engazonnement des pistes. C’est un atout pour le domaine alpin qui, contrairement au domaine nordique, ne possède pas d’enneigeurs ?
B. L. : Je répondrais par une formule simple : on n‘a pas de canon, mais on a du gazon ! Désormais, même avec très peu de neige, le domaine alpin de la Sûre peut ouvrir et offrir une excellente qualité de revêtement. De toute façon, même si nous voulions installer des enneigeurs , ce qui n’est pas à l’ordre du jour, nous ne le pourrions pas car il n’y a pas d’eau à cet endroit de la commune. Et puis, je ne suis pas convaincu que cela soit nécessaire, car grâce à son orientation au nord, le domaine dispose déjà de conditions de préservation de la neige privilégiées. L’an dernier, ça nous a sauvé.

Actumontagne : Vous doublez déjà votre boardercross, créé l’an dernier ?
B.L. : C’était prévu. Le boardercross est un projet à plusieurs étapes. Cette année, nous l’avons remodelé, engazonné sur toute sa longueur et nous avons doublé celle-ci. Le parcours de 1,6 km compte désormais onze virages pour un dénivelé total de 350 mètres. Nous avions du mal à contenter les 15-25 ans qui, jusqu’ici, nous boudaient. Avec cet équipement, nous répondons à leurs attentes et tablons sur une augmentation de la fréquentation de cette clientèle.
Actumontagne : Un investissement qui représente quel montant ?
B.L. : Environ 70 000€, engazonnement compris. Mais le gros investissement cette année -600 000 €-, c’est celui engagé pour améliorer l’accueil des clients, avec la rénovation et l’agrandissement du bâtiment de La Grand Poya. Il abrite une salle hors sac, deux caisses, plus l’ESF, un espace réservé aux personnes handicapées, un poste de secours ainsi que le restaurant. Ce dernier passe de 30 à 80 places assises. La surface de sa terrasse a également été doublée. Les baies vitrées offrent maintenant une superbe vue sur le jardin d’enfant, ce qui va plaire aux parents. Enfin, la régie municipale a repris la gestion de cet établissement. Nous avons décidé de la déco, de la carte...
Actumontagne : Mais la restauration, ce n’est pas votre métier…
B.L. : Non, mais nous ne pouvons pas investir sur les pistes si le restaurant ne suit pas. Et pour cela, il était préférable que nous en ayons la maîtrise. Il y a du potentiel si on améliore les prestations du restaurant. Il accepte désormais l’ensemble des moyens de paiements et propose une carte bien plus étoffée et variée, avec des plats régionaux inédits, comme la Tivoline, une création de l’équipe, à savoir des diots au Bleu du Vercors-Sassenage, accompagné de gratin dauphinois. Je vous le recommande !
Propos recueillis par Sophie Chanaron