
>nordic > en route pour Grenoble 2018-mercredi 11 février 2009Autrans a accueilli, du 30 janvier au 6 février, les championnats du monde masters de ski de fond, réservés aux plus de trente ans. 1200 concurrents originaires de 27 pays différents ont fait le déplacement pour cet événement, qui a permis à la station du Vercors de démontrer qu’elle était en mesure d’accueillir les Jeux Olympiques en 2018… si la candidature de Grenoble est retenue.

« Il est nettement plus compliqué d’organiser un événement comme ces championnats du monde masters de ski de fond que d’accueillir la coupe du monde. Une étape de coupe du monde demande d’héberger 200 personnes sur un week-end. Les masters, c’est 1500 personnes –1200 coureurs et 300 accompagnants – pendant plus d’une semaine. » En quelques chiffres, Thierry Gamot, directeur de la station d’Autrans, résume le défi que s’est lancé le village du Vercors en recevant un événement jusqu’à présent organisé dans de grandes stations de ski, voire d’importantes métropoles (Moscou, Québec).

Le défi n’est pas seulement logistique, il est aussi financier. « Le budget total de l’événement est de 600 000 euros, précise Thierry Gamot. Il est financé principalement par les collectivités territoriales, mais aussi par les droits d’inscriptions (150 € par coureur, ndlr), lesquels constituent un tiers des recettes permettant d’équilibrer ce budget ». Si l’on ajoute que plus de 200 bénévoles ont été mobilisés pendant toute la durée de l’événement et qu’environ 9000 mètres cubes de neige artificielle ont été transportés depuis le plateau de Gève jusqu’aux pistes situées à proximité du village pour garantir le bon déroulement des compétitions, on comprend mieux pourquoi toute la station d’Autrans était sur le pied de guerre à l’occasion de ces championnats du monde masters de ski de fond.
Les JO 2018 dans le viseur…
Eric Lazzaroni, président de l’association organisatrices de grands événements à Autrans, résume de la façon suivante les motivations de la station pour l’accueil d’un tel événement : « Il y a déjà un intérêt économique, puisque ces Masters permettent de remplir la station, et même le plateau du Vercors. Il y a aussi un objectif social : celui de fédérer les 200 bénévoles qui se sont mobilisés pour l’événement. Et bien évidemment, nous avons en tête la candidature de Grenoble pour les Jeux Olympiques de 2018. Nous souhaitons démontrer notre capacité d’organiser des événements d’envergure internationale. » Gilles Dumolard, président de Pro Grenoble 2018 (association qui regroupe 850 entreprises de l’agglomération soutenant la candidature iséroise), en est d’ailleurs convaincu : « Les Autranais nous ont prouvé, à travers ces championnats du monde masters de ski de fond, qu’ils sont capables d’organiser des épreuves olympiques. »

Il est d’ailleurs intéressant de noter que les pistes sur lesquelles se sont déroulées les compétitions répondent quasiment à des standards olympiques : « Par exemple, sur le 15 km, la Fédération internationale de ski exige un parcours de 400 mètres de dénivelé positif au total, en plusieurs montées. Une bosse ne peut dépasser 70 mètres de dénivelé. Il s’agit des mêmes exigences que pour une piste des Jeux, simplement diminuées de 30 % en matière de difficultés », explique Eric Lazzaroni.
Ces championnats du monde masters de ski de fond ont permis de constater que la station d’Autrans était fin prête pour accueillir les Jeux. Reste maintenant à attendre la décision du Comité national olympique et sportif français, qui rendra publique le 18 mars sa décision quant à la ville qui portera la candidature française pour les JO 2018.
Martin Léger
Retrouvez les résultats complets des championnats du monde masters de ski de fond d’Autrans sur http://wma.autrans-sports.com/page24.html