Du 10 au 12 janvier, les stations de la Plagne et Montchavin-les-Coches ont accueilli trois courses de coupe du monde de télémark. L’occasion de découvrir une discipline méconnue malgré ses nombreux atouts. Reportage à l’occasion de l’épreuve classique de Montchavin. Chris Lau est affalé le nez dans la neige. A bout de souffle, éreinté par trois minutes d’effort intense, ce coureur de Méribel rampe dans la neige pour aller rejoindre ses copains de l’équipe de France de télémark. L’image ressemble à s’y méprendre à celle d’un fondeur à l’arrivée d’une course longue distance, la bave aux lèvres en moins. Et pour cause : les derniers mètres de cette épreuve – la classique – se disputaient en ski de fond. Là, chers lecteurs, vous vous dites : « Mais pourquoi ce journaliste nous parle-t-il de ski de fond alors qu’il était censé se trouver sur une course de télémark ? ». Pourquoi ? Parce que le ski de fond fait partie intégrante d’une « classique » de télémark, tout comme le slalom géant et le saut (sur un mini-tremplin artificiel, avec réception en télémark, c'est-à-dire les pieds décalés). « J’aime ce sport parce qu’il est vraiment complet. Il rassemble toutes les sensations du ski au sens large et fait travailler tous les muscles », témoigne Gwenaëlle Goujon, membre du comité de Haute-Savoie, présente sur certaines épreuves de coupe du monde. 10 000 pratiquants en France Inventé en 1868 par Sondre Norheim, un paysan norvégien originaire de la province de Telemark, d’où son nom, ce sport ô combien esthétique est un patchwork de tous les types de ski. Le ski alpin bien sûr, le slalom géant demeurant la base d’une course de télémark. Le ski de fond aussi, « puisqu’une épreuve classique comporte une ou deux zones nordiques, que les concurrents parcourent en skating », note Anthony Favre, directeur des épreuves à Montchavin et président de la commission télémark à la Fédération internationale de ski. Le saut à ski ensuite, dans la mesure où le parcours est jalonné de tremplins avec une réception en télémark, c'est-à-dire comme sur une épreuve de saut spécial. En allant plus loin, on peut lui trouver des similitudes avec le biathlon, étant donné que les concurrents peuvent écoper de pénalités de temps s’ils ne respectent pas certains critères de style (garder le talon levé, avoir un écart d’au moins une chaussure entre la chaussure droite et la chaussure gauche,etc). Dans l’esprit, il s’apparente au freestyle, avec des compétiteurs certes adversaires sur la piste mais qui oublient vite leur rivalité une fois la course terminée. « L’ambiance est géniale, on est vraiment une grande famille », résume Chris Lau.  Ce dernier, comme de nombreux skieurs – en France tout du moins – s’est mis au télémark pour s’échapper de la routine de la compétition de ski alpin. Gwenaëlle Goujon, elle, a découvert ce sport après un accident. « Je ne pouvais plus mettre de chaussures de ski alpin, alors que celles de télémark – plus souples - ne me faisaient pas mal. Aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer ! ». S’il est sport national en Norvège – les Scandinaves sont aujourd’hui au sommet de la hiérarchie mondiale – le télémark reste confidentiel dans l’Hexagone, comme l’explique Anthony Favre : « il n’y a que 3000 licenciés en France, même si le nombre total de télémarkeurs avoisine les 10 000. Dans le monde, on vend chaque année 85 000 paires de chaussures de télémark, pour environ un million de pratiquants. » En marge de la coupe du monde, la station de Montchavin-les-Coches proposait au grand public des initiations gratuites au télémark. Souhaitons que ce genre d’initiatives se multiplient afin que ce magnifique sport prenne l’ampleur qu’il mérite.
Martin Léger Les résultats :
Classique sprint à La Plagne, jeudi 10 janvier : Messieurs : 1. Phil Lau (France) ; 2. Harald Kvaerner (Norvège) ; 3. Mattias Wagenius (Suède) Dames : 1. Katinka Knudsen (Norvège) ; 2. Sigrid Rykhus (Norvège) ; 3. Anne-Marit Enger (Norvège)… 5. Nolwen Faivre (France) Classique à Montchavin, vendredi 11 janvier : Messieurs : 1. Mattias Wagenius (Suède) ; 2. Boerge Soevik (Norvège) ; 3. Alexander Aavik (Norvège)… 7. Chris Lau (France) Dames : 1. Katinka Knudsen (Norvège) ; 2. Sigrid Rykhus (Norvège) ; 3. Amélie Reymond (Suisse)… 7. Nolwen Faivre (France) Classique à Montchavin, samedi 12 janvier : Messieurs : 1. Boerge Soevik (Norvège) ; 2. Troels Tor Larsen (Norvège) ; 3. Daniel Halnes (Norvège)… 6. Chris Lau (France) Dames : 1. Amélie Reymond (Suisse) ; 2. Sigrid Rykhus (Norvège) ; 3. Katinka Knudsen (Norvège)… 10. Gwenaëlle Goujon (France) |