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Exposition - Figures emblématiques

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L'exposition temporaire de la Maison des jeux olympiques d'hiver à Albertville est consacrée au patinage artistique. Elle se décline en deux parcours : l'un montre l'évolution de la discipline à travers ses grands champions, l'autre dévoile ses coulisses via des clichés pris aux J.O. de 1992. Jusqu'au 2 novembre. Conçue et réalisée par la Maison des jeux olympiques d'hiver à partir du fonds photographique du Musée olympique de Lausanne, « les grandes figures du patinage artistique» invitent le visiteur à découvrir un siècle de patinage. L'exposition évoque à travers quatre séquences, les athlètes qui ont contribué à la popularité du patinage artistique, deuxième sport à la télévision aux Etats-Unis et qui bat également des records d'audience en France. La présentation fait un retour précieux sur les pionniers de la discipline, ceux qui à l'aube du 20e siècle, inventèrent les premiers pas ou les premiers sauts comme Jackson Haynes, Axel Paulsen, Ulrich Salchow ou encore Alois Lutz dont la postérité n'a pas retenu le prénom. Le public (re)découvrira la légendaire Sonja Henie, première vraie star du patinage, révélée à l'âge de 11 ans aux Jeux olympiques de Chamonix en 1924. La petite Norvégienne décrocha par la suite trois titres olympiques et dix titres mondiaux. Limites techniques toujours repoussées A travers l'évocation proposée, le public peut mesurer l'évolution du patinage vers des figures de plus en plus techniques : l'Américain Dick Button produit en 1948, le premier triple saut ; quarante ans plus tard, le Canadien Kurt Browning réussit le quadruple. En 1989, la Japonaise Midori Ito est la première femme à passer le triple axel. Surya Bonaly, faillit elle, réussir le premier quadruple saut féminin. C'était en 1991. Aujourd'hui, c'est le quintuple que visent les plus audacieux... L'exposition rappelle par ailleurs à juste titre que les athlètes français ont eux aussi écrit une page de l'histoire du patinage artistique. Andrée Joly et Pierre Brunet, restent les plus titrés des patineurs français : quatre fois champions du monde et deux fois champions olympiques en couples à la fin des années 20 et au début des années 30, avant de compter parmi les plus grands entraîneurs de la planète glace. Autre figure française, Jacqueline Du Bief, la grande dame du libre. Elle fut championne du monde en 1952 sous la houlette de Jacqueline Vaudecrane, qui «éleva » d'autres champions et non des moindres, Alain Giletti et Alain Calmat, tous deux champions d'Europe et du monde, puis Patrick Péra, médaillé de bronze aux JO de Grenoble et de Sapporo. La relève est incarnée par Isabelle et Paul Duchesnay, champions du monde de danse sur glace en 1991 et médaillés d'argent à Albertville, puis Surya Bonaly, Philippe Candeloro, 3e à Nagano, et enfin Marina Anissina et Gwendal Peizerat, sacrés aux derniers JO en 2002 et qui apportent à la France sa deuxième médaille d'or olympique depuis 1932. Sophie Chanaron

 
Paroles de champions Liliane Brède-Crosa, 52 ans. Championne de Suisse, finaliste aux JO de Squaw Valley (1960), entraîneur pendant 15 ans, juge national de patinage : « J'adorais les figures imposées, supprimées au début des années 1990. Nous devions dessiner une cinquantaine de figures différentes sur la glace. Je pouvais les travailler pendant des heures. Elles me permettaient de prendre énormément d'avance car, à l'époque, elles comptaient presque pour 60% de la note contre 40% pour le libre. On ne peut pas devenir patineur d'élite si on n'a pas de glisse. Or, la base de la glisse, ceux sont les carres dont la maîtrise s'acquiert avec les figures imposées ». Robert Dureville, 51 ans. Membre de l'équipe de France dans les années 60, 5e aux championnats d'Europe en 1966, entraîneur dès 1967, membre du COJO des JO d'Albertville, DTN de la FFS. Depuis 2000, chargé des grands événements au Ministère des Sports : «Le jugement du patinage artistique n'a pas évolué par ses instances mais sous l'impulsion des patineurs et des médias... Les juges actuels sont plus performants qu'à l'époque où j'étais athlète ; les podiums sont pratiquement les bons ». Laeticia Hubert, 30 ans. Championne de France (1998, 1999), 4e aux Championnats du monde (1992 et 1998 ), professeur de patinage artistique à la patinoire d'Albertville depuis 2003 : «Aux Jeux d'Albertville, tout le monde a cru que j'allais faire une médaille, après mon programme court. Mathématiquement, c'était possible. Mais la gestion du stress a été catastrophique entre cette épreuve et le programme libre. J'y suis arrivée paralysée par l'enjeu... Ma notoriété est née à Albertville et en dépit des circonstances, c'est ici que j'ai connu mes plus grandes émotions en entrant dans le stade olympique lors de la cérémonie d'ouverture ». Gwendal Peizerat, 32 ans. Champion olympique de danse sur glace avec Marina Anissina à Salt Lake City (2002), champion du monde (2000), champion d'Europe (2000), multi-champion de France : (voir interview dans Infos Tarentaise 44) : « Pour être un bon danseur sur glace, il faut de la résistance, de la puissance, de l'agilité, de la rapidité et de l'équilibre. Il faut aussi avoir des qualités psychologiques pour supporter la pression. Tout cela se complexifie car on est deux et qu'il faut gérer le stress de l'autre, le soutenir s'il défaille, accepter ses critiques. Un travail à deux qui nous a conduit, Marina et moi, à créer une troisième personnalité, le couple Anissina-Peizerat ».