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Fenêtre ouverte sur les Chartreux à la Correrie

Le musée de la Grande Chartreuse a rouvert ses portes au printemps dernier avec une toute nouvelle muséographie, voulue par les Pères Chartreux. Redonnant sa fonction originelle au bâtiment renaissance dans lequel il est installé, elle permet de mieux appréhender le quotidien de ces hommes et ces femmes qui ont fait vœu de silence.

A deux kilomètres du célèbre monastère de la Grande Chartreuse, fondé par Saint-Bruno en 1084, se dresse au milieu de la verdure, la Correrie, ancien lieu de vie et de soins des frères chartreux. Depuis 1957, ce majestueux bâtiment à l’architecture proche de celle du monastère, abrite le musée de la Grande Chartreuse. Un espace de découverte à travers lequel l’Ordre des Chartreux communique avec le monde extérieur. Chaque année, quelque 60 000 visiteurs viennent y percer les mystères de la vie contemplative des Chartreux. Son parcours muséographique, qui avait peu changé en 50 ans, a fait peau neuve cette année dans un souci de redonner à la Correrie sa structure originelle, et ainsi mieux rendre compte du quotidien des moines. « Celui-ci est avant tout une vie d’ermite », souligne Nicolas Diederichs, responsable d’exploitation du musée. La muséographe Catherine Bizouard a donc reconstitué un ermitage, lieu de vie et de prière dévolu à chaque Chartreux. Elle l’a décliné aux quatre saisons dans autant de pièces lumineuses sobrement décorées, révélant une petite part de l’intimité de leur occupant. Dans chacune d’elle, le visiteur peut toucher, expérimenter, approfondir ses connaissances à l’aide d’« ouvrages compagnons », à disposition, ou à la lumière des quatre films documentaires projetés sur écran, extraits du Grand Silence de Philipe Gröning (2006) et de Au-delà du silence d’Antoine Marnas et Denis Dugué (2009). « L’esprit de la refonte du musée, c’était d’aller à l’essentiel, d’instaurer un face à face entre le visiteur et les Chartreux, de partager leur émotion », indique Nicolas Diederich.


 

Des espaces pour la collection de cartes monumentales
Un pari réussi comme l’est la Grande Galerie des Cartes qui expose huit des 79 fameuses peintures monumentales, réalisées entre le XVII et XIXe  siècles, et qui répertorient les différents monastère de l’ordre des Chartreux dans le monde. Une collection classée monuments historiques en 2001, dont 24 toiles ont été restaurées grâce à un mécénat public/privé. Autre nouvel espace remarquable : la salle Renaissance, au splendide plafond à la française en épicéa de Chartreuse, dans laquelle a été réinstallée l’impressionnante maquette du monastère et accrochées six cartes de Chartreuses d’Europe.


 

« L’an prochain, nous aménagerons deux autres salles pour exposer d’autres cartes, et créeront six jardins à thème dans les ermitages du bâtiment », annonce le responsable du musée, tenant à préciser qu’il s’adresse à un public très large. Croyants, non croyants, adultes, enfants, français, étrangers, chacun peut trouver un intérêt à parcourir ses 1000 m² où plusieurs thèmes se croisent : la religion, l’histoire, l’économie, l’architecture, l’art, la nature. Et pour faciliter la visite, des audio-guides sont disponibles en sept langues, dont une nouvelle « spéciale enfant » ! Un lieu à découvrir en famille, en complément d’une petite randonnée au cœur du Parc naturel de Chartreuse.
Sophie Chanaron
Ouvert tous les jours jusqu’au 3 novembre de 10 h à 18h30. 6€, 2,50€ enfants.