
>et aussi... > Champagny-en-Vanoise-jeudi 2 février 2012
Les organisateurs de la Gorzderette ne sont jamais à cours d’idées loufoques. Après les courses en chaussette dans la neige, le lancer de béret ou les raquettes tandem les années précédentes, ils ont proposé aux participants de cette cuvée 2012 de la planche à neige de fond. Inscrite au programme des Jeux Olympiques de 2056 – enfin, il paraît – cette discipline venue tout droit des Etats-Unis n’est autre que du ski de fond… en snowboard ! Les concurrents devaient effectuer un parcours d’environ 40 mètres presque plat sans s’aider des mains, sous peine d’écoper d’une pénalité de vingt secondes. Mais comme ces derniers sont souvent autant déjantés que les organisateurs – si ce n’est plus – ils n’ont pas tardé à trouver la parade, en s’aidant qui des coudes, qui d’un balai de sorcière !

La Gorzderette a beau avoir lieu fin janvier, il règne toujours dans le vallon de Champagny-le-Haut une ambiance de Mardi-Gras, avec de nombreux participants déguisés. Pour cette neuvième édition, nous avons eu droit aux diables, aux pingouins ou aux concurrents vêtus de peaux d’animaux. Certaines équipes – masculines – ont même participé à l’épreuve de ski de fond en string, malgré la température négative… A n’en pas douter, ces participants qui n’ont pas froid aux fesses ont largement suivi les recommandations de Christophe Lebel, le directeur de l’office du tourisme de Champagny-en-Vanoise. A la question « Quelles sont les qualités requises pour participer à la Gorzderette ? » celui- ci a répondu : « Etre un minimum en forme physique, savoir prendre du plaisir sur toutes les épreuves et oublier un peu ses soucis quotidiens. »
La montagne pour tous
Outre la planche à neige de fond, les 195 équipes classées se sont affrontées sur une course de luge à foin (il ne suffit pas de se laisser glisser, il faut la pousser sur un parcours plat…), du biathlon (ski de fond » tir à l’arc), une épreuve dite de cordée (reproduction d’un parcours d’alpinisme à effectuer encordés), une course d’orientation et bien sûr l’épreuve d’escalade sur glace, sur la Tour de glace artificielle haute de 24 mètres, avec des voies de tous niveaux. A noter qu’il n’est pas nécessaire de posséder son propre matériel d’escalade sur glace, grâce au partenariat avec Asolo (chaussures) et Petzl (casques, piolets…), qui existe depuis 2008. « Nous prêtons à l’occasion de la Gorzderette 40 paires de chaussures spécialement adaptées à l’escalade sur glace, puisqu’il s’agit d’un modèle chaud, imperméable, doté d’une guêtre protégeant le laçage, suffisamment souple pour la marche d’approche, et sur laquelle on peut adapter facilement des crampons aussi bien devant que derrière , détaille Armelle Drouhot, responsable marketing de Ricochet, la société qui distribue la marque Asolo – entre autres – en France. Nous avons d’ailleurs prolongé notre partenariat pour trois ans, parce qu’on aime vraiment le concept de l’événement, qui démocratise la pratique de la montagne. »

Sur la Gorzderette, on est en effet à des années-lumières del’image parfois élitiste véhiculée par l’alpinisme et ses pratiques dérivées. En ce dernier samedi de janvier à Champagny-le-haut, la montagne apparaissait avant tout comme un immense terrain de jeu, au sens premier du terme.
Martin Léger