
>ski > Les Deux-Alpes-mardi 8 juillet 2008
Les Deux Alpes ont accueilli du 4 au 6 juillet la première édition du Kumi Yama, une compétition de freestyle en ski et snowboard, disputée dans un snowpark aux couleurs du Japon. Reportage.
Vendredi 4 juillet, 10h30. Le Kumi Yama aurait dû démarrer depuis une bonne heure, mais les shapers n’ont pas fini de préparer les modules sur lesquelles vont rivaliser d’amplitude et de créativité les riders tout au long du week-end. Ce n’est pourtant pas faute d’organisation : dix shapers étaient affectés spécifiquement à la préparation du snowpark de l’événement, en plus des six qui s’occupent du snowpark « grand public » pendant tout l’été. Le responsable de ce retard, en l’occurrence, c’est le violent orage qui s’est abattu la veille sur le glacier des Deux-Alpes, et qui a empêché les shapers, ces architectes des kickers et autres hips, de venir fignoler leur travail.

Une demi-heure plus tard, les hostilités peuvent enfin commencer. Première épreuve au programme : le slopestyle, qui a la particularité de se disputer par équipes de trois, en ski ou en snowboard. « Pour l’emporter, il ne s’agit pas seulement de réaliser des figures parfaites sur le plan technique. Il faut savoir faire preuve de créativité et d’originalité quant au choix des lignes, mais aussi rider véritablement en équipe, c'est-à-dire en s’élançant simultanément ou presque sur la même bosse », explique Gaylord Pédretti, l’organisateur du Kumi Yama. Evidemment, de telles acrobaties en équipe demandent une coordination parfaite, et pas le moindre droit à l’erreur, aussi bien en l’air qu’à la réception. Dès lors, il n’est guère étonnant que l’équipe lauréate de ce contest – qui gagne au passage un voyage à Tokyo – soit menée par le médaillé d’argent des X-Games 2006 en half-pipe (Laurent Favre), accompagné d’Arnaud Rougier et d’un jeune pro-rider suisse en devenir, Yvan Métrailler.
Botanique japonaise
Les participants au Kumi Yama ont également fait admirer leur talent lors d’un concours de « best trick » (meilleur saut en français), sur le « tori jib ». Kesako ? Réponse de Gaylord Pédretti : « Le tori, c’est le portique traditionnel japonais. Celui installé sur le snowpark du Kumi Yama a été fabriqué spécialement par un ébéniste et un menuisier. On avait placé deux bosses avec une impulsion très verticale à son pied, de part et d’autre, de façon à permettre aux riders de venir toucher le tori avec la main pendant leur saut, ou carrément de le franchir en transfert, c'est-à-dire en passant par-dessus. »
D’autres éléments étaient là pour rappeler que le Kumi Yama, « c’est le Japon qui débarque aux Deux-Alpes à l’occasion d’un événement freestyle », dixit l’organisateur. On pense notamment à toutes ces branches de cerisiers et autres bonsaïs fournis aux photographes du concours photos pour réaliser les clichés les plus originaux possibles. Cette touche très « freestyle levant » devrait encore être accentuée pour l’édition 2009 de l’événement, avec la venue espérée de quelques-uns des meilleurs freestylers japonais, qui comptent parmi les meilleurs du monde.
Martin Léger