
>rando > Trail-dimanche 13 juillet 2008
Quelque 500 coureurs de quinze nationalités différentes ont participé, dimanche 6 juillet, au 5ème Tour des Glaciers de la Vanoise, amputé de 24 km et 800 mètres de dénivelé en raison d’une météo capricieuse, soit une course de « seulement » 48 km et 3000 m de dénivelé. Reportage.
Depuis deux mois, Bertrand Delafosse, 56 ans, accumule du dénivelé positif : entre 1500 et 2000 mètres par sortie, et ce trois à quatre fois par semaine. Autrement dit, ce trailer amateur, originaire des Houches, s’est présenté au départ du 5ème Tour des Glaciers de la Vanoise (TGV) avec plus de 40 000 mètres de dénivelé dans les pattes depuis début mai, soit l’équivalent de cinq ascensions de l’Everest depuis le niveau de la mer ! « Mon objectif, c’est déjà de terminer le trail, sans trop forcer», nous confiait-il avant le départ. Contrat (largement) rempli, puisqu’il prend même la 85ème place de l’épreuve, en 6h 21’ 16’’.

Avec un tel entraînement, qui s’apparente presque à celui d’un sportif de haut niveau, Bertrand Delafosse ne prend « que » la 85ème place ? C’est dire la qualité du plateau de l’épreuve. Le vainqueur, Ludovic Pommeret, n’a mis que 4h31’10’’ pour boucler les 48 km et 3000 m de dénivelé de la course, disputée sur le parcours de repli en raison des gros risques d’orage ce jour-là, qui étaient malheureusement avérés. Lorsqu’on sait que le dauphin de Pommeret, le Népalais Dawa Sherpa, compte notamment à son palmarès une victoire à l’Ultra-Trail Tour du Mont-Blanc en 2003 (et des victoires au TGV en 2004 et 2005), on comprend définitivement que les participants au TGV appartiennent à une catégorie de sportifs à part : celle des «quatre poumons ! »

Les interviews d’après-course confirment cette tendance : quand un randonneur « normalement constitué » vous parlerait en long, en large et en travers, de la souffrance endurée pour achever le parcours, tout juste les trailers du TGV lâchent-ils un « c’était dur ». Et enchaînent immédiatement sur la beauté des paysages traversés pendant l’épreuve. Il faut dire qu’il y a de quoi : s’ils n’ont pas eu droit au tour complet de la plus grande calotte glaciaire de l’Europe occidentale, les concurrents du TGV ont tout de même pu s’en mettre plein les yeux lors des ascensions vers les cols de Chavière et de la Vanoise. Rien que pour ça, ça valait bien le coup de braver la pluie qui s’est abattue sur leur tête pendant une bonne heure et demie…
Martin Léger