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Le télémark, ça démarque !

Façon ancestrale de skier, le télémark revient sur le devant de la scène, notamment grâce à une étape de la coupe du monde, aux Houches et à Chamonix, les 9 et 10 février. Coup de projecteur sur cette discipline très esthétique qui attire les regards.

Si vous voulez voir des athlètes faire d’harmonieuses génuflexions et mettre en pratique la fameuse maxime “Talon libre, esprit libre”, c’est à la coupe du monde de télémark qu’il faut venir. Le 9 février, à Chamonix, en nocturne, à partir de 18 heures aux Planards, et le 10 février aux Houches, sur la fameuse piste Verte — qui n’a de verte que le nom, mais surtout pas le profil — à partir de 11 heures. Ces épreuves réunissent les meilleurs adeptes de la discipline, parmi lesquels plusieurs français, dont Philippe Lau, champion du monde de télémark, qui devance de peu ses deux frères, Chris et Sven. Seront aussi présents Antoine Bouvier, des Contamines-Montjoie, et Clément Bergeretti, du club des Houches, figurant tous deux parmi les quinze premiers au classement mondial.
Le public peut donc assister au très beau spectacle de ces épreuves, mais aussi profiter de l’occasion pour s’essayer à cette glisse différente, puisque les moniteurs de l’ESF des Houches proposent des séances d’initiation avec prêt du matériel.

Plus physique, et plus de sensations
“La pratique reste encore assez confidentielle, mais progresse actuellement. On estime à environ trois mille le nombre de télémarkeurs réguliers. Les gens viennent au télémark par lassitude du ski, pour découvrir une autre gestuelle et une autre technique”, expose Sébastien Mansart, entraîneur télémark au club des Houches. Le télémark permet en effet de monter, de descendre, d’aller sur piste et en hors-piste, et même de faire de la randonnée en peaux de phoque, et de sauter des bosses avec une réception semblable à celle d’un sauteur, tout ça avec le même matériel, au gré de ses envies. D’où, sans doute, cette fameuse “liberté” revendiquée par les pratiquants dans leur maxime.

“L’aspect esthétique donne aussi envie d’essayer, de même que la volonté de se démarquer, car un télémarkeur attire toujours les regards et les curiosités”, complète Sébastien Mansart.
Le télémark s’adresse à des personnes ayant un certain niveau à ski : pistes rouges minimum pour pouvoir se faire plaisir rapidement. La discipline est plus physique que l’alpin, car l’enchaînement des génuflexions a tendance à faire monter les pulsations cardiaques. Elle est aussi plus exigeante au niveau musculaire, avec une bonne mise à contribution des jambes, des abdos et des fessiers. Mais en contrepartie, “cela procure des sensations géniales, notamment en hors-piste et en poudreuse, bien plus fortes qu’en ski alpin”, s’enthousiasme Sébastien Mansart.


Aujourd’hui, on peut débuter le télémark dans les principales stations du Pays du Mont-Blanc, — notamment à Chamonix, Les Houches, Argentière, Les Contamines-Montjoie, Saint-Gervais et Megève — où l’on trouve des magasins louant du matériel et des moniteurs spécialisés. Tout ce qu’il faut pour devenir un pratiquant, voire même un croyant, de la génuflexion !
Jeanne Palay