>interview > Ski alpin-lundi 3er janvier 2005

Carole, après un excellent début de saison (2è et 3è des descentes de Lake Louise), vous avez semblé marquer le pas ces derniers temps (7è et 10è des super-G d'Altenmarkt et de Saint-Moritz)...
Mais on ne peut pas faire des podiums à toutes les courses ! Je n'estime pas qu'une 7è ou une 10è place soient des mauvais résultats, d'autant plus que je suis assez satisfaite de ma manière de skier. Même si à cause de la pression inhérente à la course, cette petite boule dans le ventre qu'on ressent au départ, je n'arrive pas totalement à reproduire en compétition le même ski qu'à l'entraînement.
Pensez-vous être malgré tout en mesure de remporter la coupe du monde de Super-G, l'un de vos objectifs annoncés en début de saison ?
Ça risque d'être très difficile, car il y a peu de courses dans l'hiver. Pour espérer gagner le globe en fin de saison, on doit être au top sur quasiment toutes les courses. Or j'ai déjà grillé trop de jokers. Mais l'hiver dernier, je n'avais pas non plus très bien démarré l'année en Super-G, et j'avais pourtant fini deuxième de la coupe du monde de la spécialité. Alors sait-on jamais...
Quels sont vos objectifs pour les championnats du monde de Bormio en février ?
J'espère bien sûr remporter une médaille là-bas. Mais je préfère ne pas faire trop de pronostics à l'avance, dans la mesure où la piste sur laquelle se déroulent les mondiaux n'est pas la même que celle qui accueillait les épreuves de coupe du monde ces dernières saisons.
Allez-vous suivre une préparation spécifique pour ces championnats du monde ?
Non, même si le travail physique avant cette échéance sera un peu plus poussé que d'habitude. En ski, contrairement à d'autres sports comme l'athlétisme, il est impossible d'axer totalement sa préparation sur une seule course. C'est trop aléatoire. Les résultats obtenus lors des courses précédant Bormio vont à mon avis conditionner le déroulement des épreuves lors des mondiaux, de même que la fraîcheur physique avec laquelle on arrive là-bas. Et puis il ne faut pas oublier que l'attribution des dossards pour les épreuves des championnats du monde dépend du classement en coupe du monde. Si je faisais l'impasse sur des épreuves du circuit, je me retrouverais avec un mauvais dossard à Bormio, ce qui pourrait anéantir mes espoirs de podium, avant même d'entrer en piste.

Vous venez de signer un nouveau contrat de partenariat avec Villard-de-Lans. Qu'implique-t-il concrètement ?
Je suis soutenue par la mairie, l'office de tourisme, l'ESF et les remontées mécaniques de Villard-de-Lans. Ces partenaires m'apportent une aide financière supplémentaire –en plus de celle de la Fédération française de ski- qui me permet d'améliorer mes conditions d'entraînement. En échange, je dois montrer les couleurs de Villard-de-Lans sur la coupe du monde, en arborant un logo sur mon casque et en répondant aux interviews télévisées avec un bandeau de la station. J'essaye par ailleurs d'être présente sur les grands événements qui ont lieu à Villard-de-lans, en fonction de ma disponibilité.
Votre mariage cet été avec Olivier Carles a-t-il changé votre conception de la compétition ?
Non. Je dirai plutôt que c'est ma rencontre avec lui qui avait eu une influence positive sur ma carrière. C'est bien connu : quand on est bien dans sa vie sentimentale, on skie de manière sans doute plus libérée. Mais le mariage en lui-même n'a rien changé, c'est strictement privé.
Jusqu'à quand pensez-vous continuer votre carrière ?
Je souhaite prendre ma retraite à la fin de la saison 2005-06, c'est-à-dire après Turin. Pour l'instant, il est encore trop tôt pour penser à ces Jeux Olympiques. Mais j'aimerais bien en rapporter une nouvelle médaille (Carole est championne olympique de descente en titre, ndlr). Je vais la commander au Père Noël l'an prochain !
Propos recueillis par Martin Léger