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Vendredi 21 novembre 2008 - 22:22
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 >interview > Prévention-mardi 12 avril 2005

"Savoir glisser, c'est savoir freiner"

Damien Laymond, chef de projet "sentiment de sécurité sur les pistes" à la Société des Trois Vallées et Luc d'At de Saint Foulc, responsable régional à la direction de la communication AGF, dressent un premier bilan de l'opération de prévention "Savoir glisser, c'est savoir freiner", initiée cet hiver par les deux partenaires à Courchevel 1650.

Rappelez-nous les grandes lignes de l'opération de prévention "Savoir glisser, c'est savoir freiner"  ?
Damien Laymond
: En janvier, nous avons ouvert au public un espace d'apprentissage aménagé sur la piste des Grandes Bosses à Courchevel 1650. Baptisé "Stop Zone" , il permet aux skieurs et aux riders de tester gratuitement la maîtrise de leur vitesse. Concrètement, il s'agit de prendre son élan sur une centaine de mètres et de s'arrêter le plus vite possible. Au bas de la piste, un afficheur électronique indique la vitesse atteinte. Si la personne a réussi à stopper dans la zone repérée en bleu, cela veut dire qu'elle maîtrise sa vitesse. A contrario, si elle achève sa course dans la zone repérée en rouge, elle ne la maîtrise pas.

Comment est née cette initiative ?
Damien Laymond : Toutes nos enquêtes consommateurs démontrent que le sentiment d'insécurité sur les pistes est croissant. Depuis longtemps, la Société des Trois Vallées est soucieuse de renforcer chez ses clients, le sentiment de sécurité sur les pistes. En ce sens, elle engage d'ailleurs chaque été d'importants travaux sur son domaine skiable. Elle multiplie également les initiatives pour rassurer les moins chevronnés, comme l'aménagement, l'année dernière, des Z.E.N, Zone d'Evolution des Novices. Il s'agit de pistes ou portions de pistes protégées et délimitées par des filets à destination des skieurs ou snowboarders débutants ou des familles soucieuses de glisser tranquilles. La Stop Zone s'inscrit dans cette démarche. Nous l'avions initiée l'année dernière à l'échelle confidentielle avec la volonté de monter en puissance la saison suivante mais pour cela, il fallait trouver un partenaire.

AGF a été celui-là. Qu'est-ce qui l'a décidé ?
Luc d'At de Saint Foulc
: AGF assure quelque 60 stations de ski en France dont 20 des plus grandes, ce qui en fait le leader sur le marché des risques en montagne. Soutenir les actions de prévention est l'une de nos priorités en matière de sponsoring. Notre participation à la Stop Zone est donc légitime et s'inscrit dans une démarche citoyenne et non pas commerciale. Comme la S3V, nous sommes soucieux d'améliorer la sécurité sur les pistes et prévenir les accidents liés à la pratique des sports de glisse en montagne, qui rappelons-le, restent élevés en France. Quelques chiffres éloquents : durant la saison 2003-2004, pas moins de 17 000 collisions ont été recensées sur les pistes, représentant un accident sur dix. D'après Médecins de montagne, ce chiffre, qui avait baissé pendant plusieurs années de suite, est reparti à la hausse depuis deux ans. Il faut donc se mobiliser en faveur de la prévention.


A l'heure des premiers bilans, la Stop Zone a-t-elle atteint ses objectifs ?
Damien Laymond
: Totalement. Nous avons eu quelques soucis avec le compteur, le froid l'ayant mis hors service à plusieurs reprises ; mais nous estimons que la Stop Zone a enregistré sur la période plus de 50.000 passages. Les retours dans la station sont très bons, notamment auprès des usagers chez qui le sentiment d'insécurité sur les pistes, -les débutants, les parents de jeunes enfants- est le plus sensible. La dimension ludique de la Stop Zone plaît beaucoup aux plus jeunes qui la fréquentent en cours de ski et y reviennent avec leurs parents. De même, la quasi-totalité des moniteurs ESF apprécie cet espace d'apprentissage qui vient renforcer le principe selon lequel la base du ski, c'est avant tout la maîtrise de sa vitesse.

Cette initiative va-t-elle être dupliquée à Meribel-Mottaret dont la S3V a l'exploitation ou chez vos voisins des Trois Vallées ?
Damien Laymond
: La Stop Zone est effectivement en projet à Mottaret mais pour l'instant, rien de très défini. Le montant de l'investissement s'élève quand même à même à 45 000 euros. Quant à nos voisins des Trois Vallées, ils sont venus voir la zone mais pour l'instant, pas de projets concrets. Nous avons déposé le concept mais nous souhaitons vraiment qu'il essaime.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

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