
>portraits > eaux vives-mercredi 15 juillet 2009A bientôt 18 ans, Nouria Newman incarne l’avenir du kayak féminin français. Licenciée au club de La Plagne, cette jeune fille éprise de voyages et de liberté brille autant en slalom qu’en freestyle. Portrait.

Lorsqu’on la voit ballotée dans tous les sens, buvant parfois la tasse, tout ça pour enchaîner des 360°, blunt et autres cartweel – des figures de kayak freestyle – on pourrait se dire que Nouria Newman n’est qu’une de ces toujours plus nombreux adeptes des sports dits « extrêmes », en quête de sensations fortes. Il y a peut-être un petit peu de ça – elle avoue aimer « cette part de challenge qu’on ressent au sommet de certains rapides, même s’il faut savoir renoncer si tu ne le sens pas» - mais pas seulement. Pour la pensionnaire du club de la Plagne, « le kayak, c’est d’abord un sport de baroudeur. J’aime tous les à côtés qu’il implique, comme l’ambiance qui règne lorsqu’on campe sur une descente de rivière de plusieurs jours. »
Harmonie avec l’eau
Si on lui demande les sensations qu’elle aime le plus, elle cite la glisse et la vitesse, mais insiste particulièrement sur le « plaisir ressenti quand tu parviens à faire corps avec la rivière, que tu es en harmonie avec l’eau et que tu n’as pas besoin de forcer. » Nouria éprouve alors un véritable sentiment de liberté. Une liberté qui lui est chère. Pour elle, pas question de se forcer. « En moyenne, je navigue cinq fois par semaine, à raison d’une heure et demie par séance. Mais si je n’ai pas la motivation, je reste chez moi. Une petite coupure peut parfois être bénéfique. »
S’enfermer dans des contraintes, très peu pour elle. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas demandé à bénéficier d’horaires aménagés pour sa scolarité (elle est actuellement en terminale). « Ça m’aurait rallongé la durée de mes études. Tant qu’à perdre une année, je préfère la passer à voyager plutôt qu’à rester à Moûtiers. »

Et la compétition dans tout ça ? Après le bronze d’il y a deux ans, elle rêve d’or ou d’argent aux championnats du monde junior de freestyle, cet été à Thoune (Suisse). Elle a aussi, « bien sûr », des ambitions à plus long terme, en freestyle comme en slalom. Mais, lucide, elle n’ose pas vraiment rêver de Jeux Olympiques : « Ce serait débile de se fixer ça comme objectif, vu qu’il n’y a qu’une fille sélectionnée tous les quatre ans. De même, je sais très bien que je ne pourrai jamais vivre du kayak. » Ce qui n’empêchera pas Nouria de continuer à descendre les rivières du globe en kayak, juste pour le plaisir.
Martin Léger