
>ski > ski-alpinisme-jeudi 26 janvier 2012127 coureurs ont participé dimanche 22 janvier à la 16ème Pyramide d’Oz, dont l’un des parcours servait de cadre à une manche de la Coupe de France de ski-alpinisme.

Dimanche 22 janvier, 7h30. Après les perturbations des jours précédents, Oz-en-Oisans a retrouvé son habit de lumière. La station, nichée à 1350 mètres d’altitude, a la chance d’être juste au-dessus de la mer de nuages. Les sommets sont bien plâtrés, grâce aux 80 centimètres de neige fraîche tombés deux jours avant. « Les conditions devraient être sympas », estime Guillaume Bérard, l’un de ces participants anonymes venu avant tout pour le plaisir. Son entraînement ? « J’ai bu l’apéro, grignoté quelques cacahuètes et fait un peu de ski cette semaine », glisse-t-il avant le départ. Il côtoie des « quatre poumons », le nom donné par les randonneurs du dimanche aux compétiteurs hyper-entraînés. Léo Viret et Morgan Salmon, 20 ans tous les deux, deuxièmes au scratch et vainqueurs en espoirs, font partie de cette dernière catégorie. Ils font généralement trois à quatre sorties par semaine, de 1h30 à 3h. « En moyenne, on fait à peu près 1500 à 2000 mètres de dénivelé positif par sortie. A la fin de l’hiver, on en est à près de 150 000 mètres », explique Léo.

Les 127 participants de cette édition 2012 avaient le choix entre un parcours A par équipes de 1850 mètres de dénivelé (avec deux grosses montées, celui comptant pour la Coupe de France), un parcours B de 1350 mètres (pour les individuels messieurs et pour les équipes dames), et un parcours C de 1000 mètres (individuel, utilisé pour les catégories jeunes). Grâce au remarquable travail fourni par les guides depuis le vendredi pour faire les traces de montées, celles-ci se sont passées sans encombres pour les participants.
« Le plaisir est dans l’effort »
Les descentes étaient en revanche nettement plus physique, en raison des conditions de neige. La veille, la pluie est tombée jusque vers 2000 mètres d’altitude (les parcours culminant cette année à 2100 mètres) et le vent a soufflé fort, rendant la neige à la fois croûtée et très lourde à skier. Et ce d’autant plus avec le matériel ultra-léger utilisé pour la compétition. « Les meilleurs évoluent avec un ensemble skis » fixations de 1,7 ou 1,8 kilos la paire, et un kilo la paire de chaussure », indique Stéphane Laurençeau, le directeur de course. « Dans cette neige très lourde, la première préoccupation, c’est de ne pas casser le matériel, affirme Morgan Salmon. D’habitude, sur une grosse descente, les meilleurs skieurs peuvent facilement prendre une à deux minutes sur leurs rivaux. Mais là, c’était tellement physique et dur à skier que tout le monde descendait lentement. Les écarts se sont plus faits sur les montées, ou sur le faux plat juste avant l’arrivée, là où nous avons perdu la course ».

Pour Laurent Depre, 10ème du parcours B, « la neige était vraiment infâme à skier. Mais ça n’empêche pas de prendre du plaisir, parce que c’est toujours agréable de se balader dans un cadre magnifique. » Même son de cloche chez Alexandre Derruyer (12ème du parcours B) : « De toute façon, le gros du plaisir, il est dans l’effort, notamment à la montée. J’ai donc passé une très bonne journée. » Le ski-alpinisme est décidément un sport à part…
Martin Léger