Parmi les quelque 2 200 concurrents inscrits au départ de la 30ème Foulée Blanche d’Autrans, dimanche 20 janvier, l’un d’entre eux a focalisé toutes les attentions. Son nom ? Raphaël Poirée, le quadruple vainqueur de la coupe du monde de biathlon, jeune retraité du circuit. Reportage. Soudain, l’aire d’arrivée de la 30ème Foulée Blanche, plutôt calme jusqu’ici, se transforme en une véritable fourmilière. Noyé au cœur d’une nuée de micros, caméras et appareils photos, on devine le visage de Raphaël Poirée, qui vient de terminer 2ème de la course. Les organisateurs éprouvent toutes les peines du monde pour faire déplacer la cohorte de journalistes quelques mètres plus loin, afin de ne pas obstruer la ligne d’arrivée. A quelques encablures de là, Christophe Périllat – membre de l’équipe de France de ski de fond et lauréat de cette 30ème édition - jouit d’une tranquillité presque anormale pour un vainqueur de la Foulée Blanche.  Christophe Périllat s'impose au sprint devant Raphaël Poirée Ce n’était pourtant pas la première participation du septuple champion du monde de biathlon à l’épreuve de masse autranaise. « Je l’avais déjà courue quand j’avais dix ans. Mais je m’étais endormi dans la voiture juste avant le départ. Du coup j’étais parti un peu en retard », rappelle avec humour Raphaël Poirée. En dépit de l’engouement quasiment « zidanesque » suscité par sa présence, le champion drômois ne s’est jamais départi de son habituelle humilité. « Les gens ont plus l’habitude de me voir à la télé. J’étais ravi de participer à cette Foulée Blanche afin de pouvoir discuter avec eux, leur montrer que je suis une personne comme les autres et qu’avec un peu d’entraînement, tout le monde peut y arriver [à faire des bonnes performances en ski de fond]. » Dans toutes les interviews d’après-course, Poirée n’a eu de cesse de rappeler qu’il était venu sur la Foulée Blanche en tant que « simple » participant : « Je ne me suis pas entraîné pour ça . Aujourd’hui, je suis retraité, pas athlète de haut niveau, je vis sur mes acquis ».
Venu en touriste … enfin presque ! A le voir partir le couteau entre les dents et tenter tout au long du parcours de décrocher les trois coureurs avec lesquels il s’est rapidement détaché (Christophe Périllat, Pierre Chauvet et Vincent Duchesne), on pouvait se dire qu’il avait encore de sacrés restes et on avait du mal à croire qu’il s’était présenté en touriste au départ de la course. A l’arrivée, Poirée reconnaissait tout de même qu’il avait « donné le meilleur de [lui]-même et qu’[il] regrettait juste d’avoir manqué un peu de fraîcheur dans la dernière montée. » Nullement déçu de sa deuxième place, l’ancien biathlète préférait retenir de la 30ème Foulée Blanche le beau parcours, le temps magnifique et le côté convivial de cette épreuve de masse. Tout juste lâchera-t-il qu’il « faut qu’[il] s’entraîne un peu. » Champion il était, champion il reste… Martin Léger  De gauche à droite Pierre Chauvet (3è), Christophe Périllat (1er) et Raphël Poirée (2è) |