Champagny-en-Vanoise accueillait du 25 au 27 janvier la 5ème Gorzderette, « compétition » un peu déjantée mêlant escalade sur glace, luge à foin, parcours d’alpinisme au sol , biathlon ski de fond / tir à l’arc et tirage de troncs d’arbres dans la poudreuse ! Pour mieux vous en parler, on s’est inscrits à l’épreuve, au milieu des pros de la grimpe sur glace, des super-héros et des mères de famille… Samedi 26 janvier, 11 heures. Arrivée à Champagny-le-Haut, théâtre des épreuves de la cinquième Gorzderette. Dominique Mouchené, l’organisateur, me présente mon coéquipier, un Briançonnais étudiant à Grenoble et membre de la « Bernard’s team ». Son nom ? Romain, vous l’aurez deviné… L’un de ses amis m’interpelle : « Alors, prêt à te frotter à Superman » ? Superman ? Et pourquoi pas Batman tant que t’y es ? « Bah… il est là aussi, avec Catwoman, Wonderwoman, Astérix… » Bernard aurait-il abusé de substances illicites ? La question me taraude sérieusement l’esprit, jusqu’à ce que j’aperçoive toute la bande des super-héros à l’œuvre sur la course de luge à foin, l’une des épreuves de cette 5ème Gorzderette. Un peu plus loin, un Ecossais en kilt s’attaque à l’ascension de la plus longue voie de la tour de glace de Champagny –22 mètres de hauteur – tandis que deux concurrents déguisés en spermatozoïdes s’installent sur le pas de tir de l’épreuve de ski-arc. Je ne savais pas que Mardi Gras tombait un 26 janvier cette année… Claquage de poumon 11h30. Place aux choses sérieuses, la luge à foin en l’occurrence, qu’il s’agit de pousser le plus rapidement possible sur un parcours d’une centaine de mètres agrémenté de virages à 180 ° et de petites bosses bien casse-pattes. 31 secondes 91 centièmes et un claquage de poumon plus tard, je commence à me dire que la Gorzderette est plus qu’un simple concours de déguisements. A peine le temps de récupérer qu’il faut déjà rejoindre l’ensemble des autres concurrents pour participer à l’épreuve-mystère. Deux troncs d’arbres de 500 kg chacun sont posés sur le sol. Ah, facile, il va falloir courir dessus le plus rapidement possible sans tomber ! Grosse désillusion lorsque « Canard », le speaker, annonce qu’il va falloir les tirer sur plus d’une centaine de mètres, dans de la poudreuse qui enfonce jusqu’aux genoux qui plus est ! Je commence à me dire que j’aurais bien fait d’amener un poumon de rechange…  Après un petit passage sous la tente pour se réchauffer et engloutir deux diots, des crozets, un morceau de fromage et une pomme, il est temps de s’attaquer au ski-arc. Le parcours de ski de fond ne présente pas de difficultés particulières jusqu’à la bosse – presque un mur vertical en fait – située à mi-parcours. En tentant d’accélérer afin de pouvoir la franchir sur l’élan, je m’emmêle les skis et vlan, me voilà la tête dans la neige ! Résultat, plus aucune vitesse. Ça va passer quand même, ai-je l’orgueil de penser… Sauf qu’à 50 cm du sommet, mes skis repartent en arrière. Je tente en vain de la franchir en canard, avant de me résoudre à la monter en escalier. Heureusement que le ridicule ne tue pas… Me voilà maintenant sur le pas de tir où je rate deux cibles sur les trois à toucher. J’aurais peut-être mieux fait d’adopter une technique en vogue sur cette épreuve, à savoir viser la cible du haut pour toucher celle du bas, et inversement. Après deux tours de pénalité et une centaine de mètres de ski de fond supplémentaires , j’achève l’épreuve à plus de deux minutes de mon coéquipier.
Des grimpeurs qui n’ont pas froid aux fesses Nous nous dirigeons désormais vers le site de la cordée, simulation de parcours d’alpinisme consistant à traverser sans tomber des troncs d’arbres glissants posés entre deux buttes de neige, escalader un mur glacé dans lequel sont plantés des piolets faisant office de prises, progresser sans toucher le sol sur des petits rondins de bois,etc. Devant nous, Eric Jamet, vainqueur en 2007, transporte ses skis sur son sac, afin de corser un peu l’épreuve. Peut-être espérait-il « slider » sur les troncs d’arbres ? Sur la Gorzderette, rien n’est impossible !
 Nos amis les spermatozoïdes en pleine épreuve de luge à foin La journée s’achève par l’escalade sur glace. Après une demi-heure à lutter pour chausser mes crampons, me voilà parti pour l’ascension de la voie la plus facile de la tour de Champagny, particulièrement adaptée pour un débutant comme moi. Un peu plus tard, la démonstration de quelques-uns des meilleurs grimpeurs mondiaux – dont le Suisse Samuel Anthamatten qui régale les demoiselles présentes au pied de la tour d’un strip-tease presque intégral au fur et à mesure de son ascension – permet de constater que du novice à l’expert, chacun peut trouver matière à s’amuser sur cette magnifique tour artificielle. Bilan de la journée ? Une 80ème place (sur 128 équipes classées), deux claquages de poumons, quelques crampes à la main à force de serrer le piolet comme si ma vie en dépendait, beaucoup de fous-rires, et une certitude : ils sont fous ces Gorzderés…
Martin Léger SHOPPING La chaussure de la Gordzerette Asolo, qui révolutionna les chaussures d’alpinisme avec ses coques plastiques AFS dans les années 80, est en plein essor sur le marché français. La marque italienne est d’ailleurs le partenaire de la Tour de Champagny-en-Vanoise. Son modèle spécial cascade de glace et dry tooling, la Cholatse, équipe tous les participants qui partent à l’assaut de cette cascade de glace artificielle pendant la saison. Elle a particulièrement brillé lors de la Gorzderette. Cette chaussure légère, indéformable et précise existe en version Thinsulate pour la chaleur (300 €) et Gore-Tex pour l’imperméabilité (310 €). Résultats : Toutes catégories : 1. Romaric Pellicier et Olivier Poncet ; 2. Nicolas Badia et Sébastien Ratel ; 3. Antoine Bletton et Jean-Luc Morand Femmes : 1. Rachel Aguillon et Margaux Mouchené , ex aequo avec Stéphanie Maureau et Claire Mimet ; 3. Anne-Flore Aufrere et Emilie Mouchené Equipes mixtes : 1. Antoine Bonnet et Magali Fontanille ; 2. Fred Buttaud et Ildi Kiss ; 3. Jérôme Moracchioli et Marion Filippi Jeunes : 1. Charly Di Pasquale et Antoine Marceau ; 2. Gabriel et Jacopo Gulli ; 3. Florian Amate et Pierre Boucher |