
>ski > Ski-alpinisme-jeudi 14 avril 2011
The North Face TransVanoise , course de ski-alpinisme en milieu glaciaire au départ de Pralognan-la-Vanoise, continue de construire sa légende avec une 4e édition exceptionnelle le 10 avril dernier : météo estivale, prologue inédit au cœur du village, exploits physiques et esprit de cordée poussé à son paroxysme.
Si la Pierra Menta reste la référence absolue en matière de course de ski-alpinisme, la TransVanoise, imaginée en 2008 par Grégory Acs et Franck Machet du CAF Vanoise-Tarentaise, dispose de tous les ingrédients pour devenir elle aussi une grande classique. Son environnement tout d’abord. Alors que la plupart des courses de ski alpinisme se déroulent entre 1500 et2500 mètres, la TransVanoise fait évoluer les compétiteurs en milieu glaciaire et à des altitudes auxquelles ils sont peu habitués. Autre particularisme, le tracé de la course, qui s’inscrit à 90% dans un parc national, en l’occurrence le Parc national de la Vanoise, avec lequel les organisateurs viennent de signer une convention. « Le tracé, proposé par Cédric Tomio, ancien champion du monde de ski-alpinisme, est à chaque fois choisi en concertation avec un agent du parc pour éviter les zones d’hivernage de la faune (bouquetins, chamois, tétras-lyre) », explique Grégory Acs, président du comité d’organisation qui souligne combien l’autorisation de fouler cet espace naturel protégé est exceptionnelle. « Les coureurs doivent donc être très respectueux du milieu naturel dans lequel ils concourent en autonomie totale. Pas question pour eux d’abandonner leurs déchets, sous peine d’être éliminé sur le champ », souligne Grégory Acs, rappelant que la course est co-organisée par le CAF Vanoise-Tarentaise et l’office de tourisme de Pralognan, station Alpine Pearls depuis l’année dernière. « Un label international dont nous sommes fiers et qui stipule que nos événements doivent prendre en compte l’impact qu’ils génèrent sur le milieu naturel », précise Régis Salembier, directeur de l’OT.

Des pros comme des amateurs
La TransVanoise, c’est aussi un plateau de coureurs très varié. Les cadors de la discipline, rompus aux plus grandes courses du genre, côtoient les amateurs de ski de randonnée qui, une fois l’an, se lancent le défi de faire une course de ski-alpinisme, avec l’objectif de repousser leurs limites et mieux se connaître. Ici, contrairement à beaucoup d’autres courses de ski alpinisme, point de parcours B, plus accessible. « Ce n’est pas l’idée de cette course ambitieuse, qui s’en tiendra à un tracé unique», résume Grégory, neuf Pierra Menta dans les jambes et qui, ici dans sa station d’adoption, passe du coté des organisateurs.
Alors, certes les plus rapides mettent quatre heures en moyenne pour boucler les 3200 m de dénivelé positif, quand les derniers ont besoin de plus du double ; mais peu importe, l’essentiel pour les amateurs, est de participer à cette épreuve qui reste un incroyable défi physique et technique où prévaut l’esprit d’équipe, cher aux alpinistes. « En fin de parcours, j’étais dans la souffrance, notamment lors de la dernière montée dans la brèche de la Réchasse, mais mon partenaire, Jean-Claude, m’a beaucoup aidé et surtout, j’ai pensé à Nathan, un petit garçon de l’âge de mes enfants, atteint d’une tumeur au cerveau. C’est pour lui que je me suis surpassée et ai bouclée le tour», raconte Isabelle Grenier, 45 ans, membre de la section ski-alpinisme du club des sports de Chamonix, qui formait l’un des cinq binômes mixtes de cette 4e TransVanoise. Même esprit de cordée dans le binôme père/fils de Philippe et Baptiste Deletombe. « C’est notre première année de compétition et on s’était dit que notre objectif pour la TransVanoise, c’était de rentrer dans le temps imparti. Mission accomplie et en plus j’ai vécu une expérience humaine exceptionnelle avec mon fils. Sa jeunesse et mon expérience nous ont permis d’aller jusqu’au bout», témoigne avec émotion ce Chambérien.

L’âme du ski alpinisme
En haut du classement, c’est le même esprit d’équipe qui règne et permet d’atteindre des sommets. Le binôme gagnant chez les hommes - en à peine plus de quatre heures !-, Grégory Gachet et Steven Blanc, n’échappe pas à la règle. « J’avais envie de terminer ma carrière sur une course atypique en France, en me confrontant à un parcours de longue distance et à une altitude bien supérieure aux courses auxquelles je participe d’habitude », explique le premier, originaire d’Arêches-Beaufort, treize Pierra Menta au compteur, mais qui n’avait encore jamais participé à la TransVanoise. « Une très belle expérience. J’ai pris le temps d’apprécier les paysages dans les passages les plus faciles ; l’ambiance tant du côté des coureurs que des bénévoles, est aussi très chaleureuse et traduit bien l’esprit de notre sport que je rêvais autrefois de voir devenir olympique. Il ne le sera pas dans les prochaines années, et sans doute jamais, mais, après réflexion, c’est mieux comme cela car il gardera son âme". Une âme bien perceptible dans la TransVanoise selon son jeune compagnon déjà vainqueur l’an dernier aux côtés d’Alexandre Duc-Goninaz. "Notre binôme a bien fonctionné alors qu'on s'est décidé quatre jours avant. Bon, j'avais prévu de franchir la ligne d’arrivée avant l’ouverture des pistes de la station, à 9 h, c'est raté de peu (ndlr : 30 mn après)". La faute à une neige très médiocre sur le bas de l’itinéraire, météo estivale oblige, qui a ralenti les deux Fangio dans leur descente. Rendez-vous est pris pour The North Face Transvanoise 2012. « Une édition où nous réitérerons le prologue d’avant-course, épreuve inédite cette année qui nous a été inspirée par une initiative équivalente lors des 20 ans de la Pierra Menta. Visiblement très appréciée des coureurs, elle a mis une grande ambiance dans la station le samedi et offert l’opportunité au grand public de mieux connaître notre sport », précise Gregory Acs.
Sophie Chanaron
Chapeau les bénévoles !
Si les coureurs font le spectacle de la TransVanoise, celui-ci ne pourrait avoir lieu sans une mobilisation sans faille des bénévoles. En coulisse et plusieurs semaines avant, près de 150 personnes forment un bataillon courageux et dévoué pour que les coureurs puissent pratiquer leur passion. Les tâches sont multiples, tracer et sécuriser le parcours, contrôler les coureurs, préparer les petits déjeuners et le repas d’après-course, soit plus de 400 couverts, coordonner les équipes, animer la course… Mention spéciale à Aurélien, 12 ans, le plus jeune bénévole de l’équipe, féru de ski de rando, qui dès 4 h du matin a embarqué dans le téléphérique du Bochor et a attaqué la pente pour se rendre sur sa zone de contrôle, près de Combe noire.
Les podiums par catégorie :
Pour les hommes :
- N° 1 Equipe 21 : BLANC Steven / GACHET Grégory – 4:00:08
- N° 2 Equipe 73 : ANRIGO Frans / BOMBARDO Grégory – 4:05:05
- N° 3 Equipe 22 : MEYNET Olivier / MEYNET Fabien – 4:07:17
Pour les femmes :
- N° 1 Equipe 3 : TOMIO Sigrid / GERFAUX Séverine – 5:59:38
- N° 2 Equipe 1 : NOVERO Amandine / PETIT Anne – 6:09:10
- N° 3 Equipe 4 : FILLON Véronique / GAYDON Sylvie – 6:17:13
Pour les équipes mixtes :
- N° 1 Equipe 12 : SILITCH Nina / GACHET Yann – 4:37:57
- N° 2 Equipe 10 : CADOUX Annabelle / CADOUX Benoît – 5:06:50
- N°3 Equipe 17 : ZANDERS Manu / GALINDO Thierry – 5:16:27