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Critérium du Dauphiné, l’année de Bardet ?

Romain Bardet © ASO

La 70ème édition du Critérium du Dauphiné s’élance dimanche 3 juin de Valence, pour s’achever dimanche 10 juin à Saint-Gervais-Mont-Blanc. Romain Bardet, Vincenzo Nibali et Dan Martin apparaissent comme les principaux favoris pour succéder au palmarès au Danois Jakob Fuglsang, absent cette année.

Comme chaque année, le Critérium du Dauphiné prend des airs de « mini Tour de France », avec notamment deux étapes qui s’apparentent comme deux gouttes d’eau à celles que les coureurs de la Grande Boucle parcourront dans un peu plus d’un mois. D’abord un contre-la-montre par équipes de 35 km le mercredi 6 juin entre Pont-de-Vaux (Ain) et Louhans-Chateaurenaud (Saône-et-Loire), soit la même distance que celui de Cholet (3ème étape du Tour de France 2018) le 9 juillet prochain. « C’est un exercice qui est extrêmement difficile à travailler à l’entraînement, sur une route qui n’est pas fermée à la circulation. Donc proposer un contre-la-montre par équipes est aussi une façon de remercier les formations qui jouent le jeu en alignant leurs meilleurs coureurs », explique Bernard Thévenet, le directeur de l’épreuve. Puis, le samedi 9 juin, veille de l’arrivée, les coureurs s’affronteront sur une étape courte et nerveuse de 110 km entre Frontenex et La Rosière (via la montée de Bisanne, le col du Pré et le Cormet de Roselend), réplique quasi-exacte de la 11ème étape du Tour, si ce n’est que celle-ci s’élancera d’Albertville.

© ASO
Cette étape de la Rosière sera l’une des quatre étapes de montagne de ce Critérium 2018, lesquelles vont s’enchaîner sur les quatre derniers jours de course. La première d’entre elles mènera le peloton de Chazey-sur-Ain au stade de neige de Lans-en-Vercors, jeudi 7 juin. Le méconnu mais redoutable col du Mont-Noir (17,5 km à 6,9 %) sera au menu. « Certes, il est un peu loin de l’arrivée – son sommet se situe à 37,5 km de la ligne, ndlr – mais si les coureurs veulent attaquer de loin, ça peut faire des dégâts. Et même si la grande bagarre n’y est pas déclenchée, il usera les organismes, ce qui aura son importance dans la montée finale vers Lans », estime Bernard Thévenet. Le lendemain (vendredi 8 juin), entre Grenoble et Valmorel, l’ancien double vainqueur du Tour de France s’attend à une grosse bagarre en début d’étape – sur la route des balcons de Belledonne – afin de se glisser dans l’échappée, « qui aura de bonne chances d’aller au bout. Mais pour ce qui est des cadors, je m’attends plutôt à une course de côte dans la montée finale vers Valmorel ». L’étape de la Rosière, le samedi, sera « costaude. On cherche toujours à frapper un grand coup sur cette étape à la veille de l’arrivée, afin d’asseoir son autorité, de façon à pouvoir contrôler la course plus facilement lors de la dernière étape. Encore que ces dernières années, nous avons toujours un changement de leader le dernier jour de course. » Justement, l’étape finale, dimanche 10 juin entre Moûtiers et Saint-Gervais-Mont-Blanc, semble propice aux grandes offensives, avec un enchaînement de difficultés (Cormet de Roselend depuis Bourg-Saint-Maurice, col des Saisies, puis la côte des Amerands et la montée du Bettex, soit un final identique à celui de l’étape du Tour de France 2016 remportée par Romain Bardet), et surtout pas, ou très peu, de portions plates entre ces ascensions.

Dan Martin © ASO
Romain Bardet, justement, apparaît comme l’un des grands favoris de ce 70ème Critérium du Dauphiné, en dépit des deux contre-la-montre (celui par équipe et le prologue à Valence, qui ne fait toutefois que 6,6 km) qui ne lui sont guère favorables. L’Italien Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour de France 2014, sera aussi l’un des principaux prétendants à la victoire, tout comme l’Irlandais Dan Martin (6ème du Tour l’an passé). L’Espagnol Marc Soler (vainqueur cette année de Paris-Nice), le Britannique Adam Yates (4ème du Tour de France en 2016), le Russe Illnur Zakarin (3ème du Tour d’Espagne et 5ème du Tour d’Italie en 2017), voir le Britannique Geraint Thomas, font eux partie des principaux outsiders. Côté français, Julian Alaphilippe, le jeune grimpeur David Gaudu ou Warren Barguil ne devraient pas se mêler à la lutte pour le podium final, mais ont les capacités d’aller chercher de belles victoires d’étapes.

Martin Léger