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Les Bleus en route vers les Jeux (mais lesquels ?)

Biathlètes et fondeurs étaient regroupés pour cette présentation © CNOSF / KMSP

Les athlètes de l’équipe de France olympique étaient réunis mercredi 4 octobre à Paris (salle Pleyel) pour la traditionnelle journée de présentation aux partenaires, aux élus et aux médias. Cette cérémonie a notamment permis d’introniser officiellement Martin Fourcade dans son rôle de porte-drapeau pour les Jeux Olympiques de Pyeongchang (9 au 25 février 2018), et (surtout) de se gargariser une nouvelle fois… de l’obtention des Jeux Olympiques d’été en 2024.

D’ordinaire, en ressortant de cette journée presse des équipes de France de ski, on se dit que l’hiver est vraiment lancé, que Sölden, Levi (ski alpin) ou Ostersund (biathlon), théâtre des premières épreuves du grand Cirque Blanc, vont très vite arriver. Pas cette année. Les Jeux de Pyeongchang ont beau débuter dans 127 jours (désormais 126 ce jeudi 5 octobre), les athlètes de l’équipe de France olympique d’hiver n’ont pas franchement été mis en valeur. Pour preuve, la cérémonie a débuté par une (énième) séquence d’auto-congratulation du CNOSF (Comité national olympique et sportif français, représenté par son président Denis Masseglia) pour l’obtention des Jeux Olympiques d’été de 2024 à Paris.

L’équipe masculine de ski alpin © CNOSF / KMSP

Alors que les athlètes des équipes de France de ski sortent d’une saison record (131 podiums dont 48 victoires en coupe du monde, 12 globes de cristal remportés, 23 médailles dont 7 titres dans les différents championnats du monde), aucun clip retraçant ces exploits, comme il était de coutume ces dernières années, n’a été projeté. A la place, une vidéo sur… les JO de Paris 2024, un discours de Tony Estanguet (président du comité d’organisation de ces JO 2024) rappelant qu’il est « dans la stratosphère (…), propulsé très très haut le 13 septembre à Lima (lors de l’attribution officielle des Jeux à Paris,ndlr) ». Et, au cas où l’auditoire n’aurait pas bien compris qu’on était avant tout là pour se féliciter de l’obtention des JO 2024, le message (vidéo) de Laura Flessel était assez révélateur : « Sur la route de Paris, il y a d’abord Pyeongchang », y déclarait notamment la ministre des sports.

Jason Lamy-Chappuis et Martin Fourcade © CNOSF / KMSP

Une fois ce (trop long) prélude passé, allait-on enfin entrer dans le vif du sujet ? Que nenni ! La présentation des équipes allait être expédiée en un gros quart d’heure. Soit moins de temps que l’interminable séquence qui a suivi, consacrée aux discours des 11 partenaires olympiques, aussi soporifique qu’un épisode de Derrick (malheureusement, ce n’était pas encore l’heure de la sieste). Et seules certaines têtes d’affiches (Marie Dorin-Habert, Maurice Manificat, Jason Lamy-Chappuis, Jean-Frédéric Chapuis, Pierre Vaultier, Tessa Worley et Alexis Pinturault) ont eu voix au chapitre. Alors que les années précédentes, au moins deux athlètes par discipline, ainsi que les chefs d’équipes, étaient invités à s’exprimer sur scène.

Objectif 20 médailles pour la FFS

Durant les deux heures de cette présentation, on a quand même pu apprendre qu’il y aurait 114 ou 115 athlètes présents en Corée du Sud (soit le même nombre qu’à Sotchi il y a quatre ans, malgré l’augmentation du nombre d’épreuves, de 98 à 112) et que la délégation paralympique française compterait environ 15 athlètes (les Jeux Paralympiques étant prévus du 8 au 18 mars). Concernant les objectifs de médailles, la Fédération française de ski en vise 20 (contre 15 à Sotchi), un chiffre réaliste compte tenu des derniers bilans sur les championnats du monde (21 médailles en 2015 et 23 en 2017, toutes disciplines de neige confondues). La Fédération des sports de glace, représentée par son président Didier Gailhaguet, espère bien ne pas revenir bredouille comme lors des trois précédents JO : « On va aux Jeux avec de réelles chances de médailles, et pas seulement en danse sur glace, traditionnelle pourvoyeuse de médailles (avec Cizeron / Papadakis, doubles champions du monde, ndlr). On ne peut pas lutter avec nos amis du ski, mais on veut gagner et on va gagner », a ainsi affirmé Gailhaguet.

Les tenues olympiques ont été dévoilées © CNOSF / KMSP

Le moment fort de cette présentation, qu’il aura fallu attendre (trop) longtemps, est intervenu à la fin, avec le passage symbolique du drapeau français entre Jason Lamy-Chappuis, porte-drapeau des Bleus à Sotchi, et Martin Fourcade, qui tiendra ce rôle à Pyeongchang. « C’est un honneur supplémentaire, une émotion que je ne connais pas, qu’il me tarde de découvrir », a affirmé le double champion olympique de Sotchi, 6ème biathlète de l’histoire à être porte-drapeau de la délégation française aux J0, et dont l’objectif est de « ramener une médaille d’or de Pyeongchang ».

Martin Léger