Lundi 13 octobre 2008 - 19:14
 09:31  Le Palais Omnisports de Paris-Bercy accueille, du 15 au 18 octobre, les championnats d'Europe d'escalade. Bloc, difficulté et vitesse sont les épreuves au programme.    09:37  A l'occasion, des Journées Portes Ouvertes Entreprises organisées dans toute la France par les CCI, le public pourra aller à la découverte des coulisses de l'aéroport de Grenoble-Isère, les 18 et 19 octobre.   
 >ski > Coupe du monde de ski alpin-mardi 5 février 2008

Val d'Isère fait revivre le mythe Bellevarde


Seize ans après les Jeux Olympiques et un an avant les championnats du monde, la Face de Bellevarde de Val d’Isère a repris du service la semaine dernière en accueillant la coupe du monde de ski alpin. L’occasion de demander à quelques-uns des acteurs concernés leur avis sur cette piste hors-normes.


" Bellevarde ? C’est un mythe, un rêve de gosse. " D’emblée, David Poisson, descendeur de Peisey-Vallandry et de l’équipe de France, plante le décor. La Face, c’est une piste à part dans l’univers du ski alpin de compétition. Elle n’a peut-être pas l’aura de la Streif de Kitzbühel –qui reste la référence absolue en matière de descente - mais elle ne laisse pas indifférent. « On l’aborde pas très fièrement, avec pas mal d’appréhension, admet le slalomeur Julien Lizeroux, qui l’a skiée à l’occasion du super-combiné. C’est très long et très éprouvant physiquement. Je n’ai pas pris énormément de plaisir dessus car ça tourne vraiment très fort. Mais ça reste une jolie piste. » Le Suisse Daniel Albrecht, actuel 5ème du classement général de la coupe du monde, confirme le caractère extrêmement physique de Bellevarde, et ajoute : « elle très intéressante à skier car très technique et avec beaucoup de pente. » Jean-Baptiste Grange, la nouvelle coqueluche du ski français, estime lui qu’il faut « vraiment être solide techniquement pour pouvoir la dompter. Elle est très tournante, avec des courbes très serrées, qui ne sont pas faciles à aborder avec des skis de 2,15 mètres aux pieds. Ici, l’erreur ne pardonne pas. »


L’Ancolie, passage mythique

Comment expliquer qu’une piste sans histoire ou presque – avant le super-combiné de dimanche, elle n’avait accueilli « que » les JO de 1992 et les épreuves pré-olympiques un an auparavant – suscite un tel engouement ? Gilles Brenier, directeur de l’équipe de France masculine de ski alpin, détient peut-être la réponse : « Bellevarde, ce n’est pas une descente classique. Il y a très peu de vitesse – 80 km/h de moyenne, contre 100 à 110 sur les autres pistes de coupe du monde – à cause des nombreux virages. ». Si la Face inspire tant de respect, c’est aussi sans doute grâce à quelques passages mythiques, qui n’ont pas grand-chose à envier au « Steilhang » de Kitzbühel ou à la « Tête de chien » de Wengen. On peut notamment citer l’Ancolie, un « S » entre deux rognons rocheux « vraiment incroyable, parce que tu as l’impression d’être dans un couloir » d’après David Poisson, ou encore l’entrée du Grand Mur, que décrit Gilles Brenier : « On arrive d’un chemin assez étroit sur un virage à gauche où on doit plonger d’un coup dans une pente très raide. A cause des bâches sur le côté, on ne peut pas prendre de marge, mais il faut tout de même rester très solide et dynamique sur l’appui, sous peine de tirer très large dans le Grand Mur ».


Pour les organisateurs aussi, Bellevarde reste un mythe. « C’est un vrai sport de pouvoir préparer une course dessus », affirme Emmanuel Couder. Et le directeur du club des sports de Val d’Isère de préciser : « 10 cm de neige qui tombent sur Bellevarde, c’est l’équivalent de 50 cm sur la Oreiller-Killy (la piste qui accueille traditionnellement le Critérium de la Première Neige). Sur cette dernière, vous pouvez faire travailler quatre dameuses de front avec des turbines. Sur Bellevarde, à cause de la pente extrême, vous ne pouvez faire évoluer qu’une seule machine, nécessairement munie d’un treuil. C’est donc beaucoup plus long d’évacuer la neige après une grosse chute ».
Des efforts conséquents certes – plus de 250 personnes mobilisées sur la piste pour ce week-end de coupe du monde – mais qui en valent la chandelle, notamment pour le public. Depuis le pied de la Face, les spectateurs ont en effet la chance de voir près de 70 % de la course, dans sa partie la plus intéressante qui plus est. « C’est une piste qui donne vraiment envie de regarder les champions, et où ceux-ci ont vraiment la possibilité d’exprimer tout leur talent », estime Yves Dimier. La victoire de Bode Miller – un skieur d’exception, sans rival lorsqu’il est au sommet de son art comme dimanche – confirme les dires du directeur technique national de l’alpin à la Fédération française de ski. On attend désormais les championnats du monde 2009 avec impatience.

Martin Léger

Résultats :
Descente : annulée en raison des chutes de neige
Super-combiné : 1. Bode Miller (EU) ; 2. Ivica Kostelic (Cro) ; 3. Natko Zrncic-Dim (Cro)… 9. Julien Lizeroux (Fra)… 19. Pierre Paquin (Fra)… 24. Guillermo Fayed (Fra)

 

©Actumontagne 2008 Contactez-nous -  Mentions légales -  Publicité sur le site -  Liens