Le 13 novembre 1950, un avion canadien transportant des pèlerins en provenance de Rome s’écrase contre la montagne de l’Obiou, près de Notre-Dame-de-La Salette dans l’Isère, tuant tous ses passagers. Du 12 au 14 novembre prochain, plusieurs temps forts sont organisés dans le Pays de Corps (38) et au sanctuaire pour commémorer les 60 ans de ce crash aérien encore vif dans les mémoires.

Pourquoi le DC4 transportant 58 pèlerins canadiens de retour de Rome et volant en direction de Paris a-t-il heurté l’Obiou (2793 m) à proximité de la Salette ce 13 novembre 1950 ? Soixante ans plus tard, la question fait encore débat, même si la thèse du mauvais temps et de l’absence de visibilité semble la plus crédible. En pleine Guerre froide, certains ont évoqué à l’époque un possible détournement d’avion par des espions russes désireux de récupérer des documents secrets en transit entre le Vatican et l’Amérique du Nord. Plusieurs éléments troublants ont alimenté cette hypothèse, comme cette masse de billets de banque trouvés dans les débris de l’avion…
Ce crash aérien n’a épargné aucun passager. Tous les pèlerins et les membres de l’équipage ont en effet été tués dans l’explosion de l’appareil. A l’époque, les gens du pays se sont largement mobilisés pour redescendre les corps des pentes de l’Obiou. Une opération périlleuse en raison des conditions hivernales qui sévissaient en ce mois de novembre 1950. Les victimes ont d’abord été enterrées à Grenoble avant de reposer dans un cimetière érigé pour eux à La Salette Fallavaux en 1954.

Montage d’Eric Boeuf illustrant le nouveau mémorial réalisé à partir des débris de l’avion
Montage d’Eric Boeuf illustrant le nouveau mémorial réalisé à partir des débris de l’avion

Du 12 au 14 novembre, le Pays de Corps s’associe au sanctuaire de Notre-Dame-de-La Salette et aux bénévoles du projet Mémoires du DC4 pour rendre hommage aux victimes et à leurs familles et rappeler à tous le travail des secouristes à l’époque. Un nouveau mémorial réalisé grâce à la persévérance d’Eric Bœuf et son équipe de bénévoles à partir des débris de l’épave sera notamment inauguré au cimetière canadien, en présence des familles québécoises des victimes. Autre moment fort, une conférence qui rappellera le travail extraordinaire des sauveteurs de l’Obiou. Ces hommes, à l’image de Félix Germain, ont jeté les bases du secourisme en montagne moderne. A la tribune, Jean-Louis Grand, ancien président de la CRS des Alpes, Philippe Menthonnex, responsable du Samu 38, Xavier Chappaz, ancien président de la compagnie des guides de Chamonix et Enzo Minelli, responsable des secours en spéléologie. Le détail du programme ici

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