Cette année, le Megève Jazz Contest a 20 ans. Le bel âge pour ce concours de jazz qui, depuis 1993, donne le coup d’envoi de la saison d’été à Megève. Ancien batteur de Sydney Bechet et de Claude Luter, Poumy Arnaud, son directeur artistique, évoque sa naissance et souligne les points forts de cette édition anniversaire, du 12 au 14 juillet.

actumontagne.com : Comment est né le Megève Jazz Contest ?
Poumy Arnaud : En 1994, alors que je m’occupais du Festival de jazz de Megève, créé en 1988, Alain Bompard, le directeur de l’office de tourisme de Megève de l’époque, m’a demandé de plancher sur un événement original et festif pour ouvrir la saison d’été. J’ai tout de suite pensé à un concours d’orchestres amateurs de jazz New Orleans, sur le modèle de celui qui existait à Saint-Raphaël, concours aujourd’hui disparu, mais qui marchait alors très fort.
 

actumontagne.com : Pourquoi ce choix du jazz New-Orleans ?
P.A : Parce que je suis un musicien de jazz traditionnel et que ce répertoire musical, très joyeux, continue d’avoir la cote. J’en veux pour preuve le succès que rencontre le septet que j’ai créé en 2000, le Sydney Bechet Memory. Nous donnons une trentaine de concerts par an, un peu partout en France. A chaque fois, c’est plein. L’an dernier, à Megève, pour notre concert du 14 août au Palais des sports, nous avons même dû refuser du monde. Le Megève Jazz Contest mise vraiment sur la dimension festive du jazz traditionnel. Autrefois, le jazz était fait pour danser. A la fin des années 40, il y avait ainsi quatre à cinq boîtes de jazz à Megève, dans lesquelles jeunes et moins jeunes allaient faire la fête. Elles attiraient beaucoup de VIP ! Le Megève Jazz Contest reproduit cette ambiance festive : il y a des podiums installés à divers endroits du village, des concerts gratuits proposés dans les restaurants et les bars du village, des jam-sessions, et puis surtout cette parade géante dans les rues du village à laquelle participent tous les musiciens, et qui met le feu !
 

actumontagne.com : Comment sélectionnez-vous les 14 groupes amateurs en compétition ?
P.A. : Ce sont des musiciens que je vois dans les festivals. De plus en plus de formations nous sollicitent aussi, car être finaliste du Megève Jazz Contest est coté dans le milieu du jazz européen. Si je ne connais pas les groupes qui viennent à nous, je leur demande qu’ils nous envoient un CD ou des enregistrements pour juger de leur talent. Tous les orchestres viennent se produire gratuitement au festival. Les premiers et seconds gagnent néanmoins un beau lot, il faut bien une carotte pour attirer les bons musiciens !
 

actumontagne.com : Qui sont les membres du jury ?
P.A : Ce sont des journalistes de la presse spécialisée, des critiques de jazz, des musiciens connus du milieu comme Olivier Franck ou Michel Laplace. A leurs côtés des Mégevans, comme Patrick Melchioretto, le président de l’orchestre d’harmonie de Megève et Yannick Vandini, son chef d’orchestre, car nous tenons à impliquer les locaux.
 

actumontagne.com : Peut-on dire que si vous n’êtes pas mégevan de souche, vous l’êtes de cœur ?
P.A. : Tout à fait ! J’ai vécu plusieurs années à Megève, que j’ai connu en 1939 ! Je me suis beaucoup impliqué dans le tissu social à l’époque. Mais parce que j’ai un orchestre à faire tourner, je suis retourné vivre à Paris, par commodité. Mais je reste très attaché à Megève, où j’ai toujours un pied-à-terre. Quand je viens ici et que je ne suis pas accaparé par le Megève Jazz Contest ou des concerts, j’aime bien me promener, voir les copains, respirer l’âme de Megève, qui n’a pas d’égal dans les autres stations françaises.
 

actumontagne.com : Quelles sont les spécificités de cette édition anniversaire ?
P.A. : Nous avons sélectionné 14 groupes issus de toute l’Europe et finalistes des éditions précédentes. Nous organisons également pour la première fois un grand bal des années folles, le 13 juillet au soir, sur la place du village. Il est ouvert à tous à la condition d’être obligatoirement déguisé dans le style années 20. Ça va être un grand moment pour le bal du 14 juillet !
 

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Photos :
 ©Megève Tourisme/DDD
 

 

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