Du 21 au 23 novembre, le musée bibliothèque de Grenoble accueille le 23e Salon du livre de régionalisme alpin. Raymond Joffre, le président de l’association organisatrice Ex Libris, revient pour nous sur les temps forts de cette édition et sur la santé de cette littérature.

Actumontagne.com Pourquoi avoir choisi Les fantassins du 140e en 14-18 comme thème de ce salon ?
Raymond Joffre : Nous voulions trouver quelqu’un qui ait une action sérieuse, énergique et créative. Nous avons  rencontré Jean-Philippe Piquard, président de l’Amicale du 140e, qui a mis en place l’exposition Ils nous ont écrit autour de la correspondance qu’entretenaient les Poilus avec leur famille et d’autres personnes restées à l’arrière du front.

Actumontagne.com : Autre thématique forte de cette édition : les horreurs de la guerre de 14-18. De quelle manière abordez-vous ce sujet ?
RJ : Nous avons cherché parmi les artistes français, ceux qui pouvaient représenter ces horreurs sous forme de gravures, de tableaux ou de dessins. Mais nous n’avions personne ! Nous sommes donc allés chercher l’artiste expressionniste allemand Otto Dix. Jacqueline Helmryd-Félix, l’artiste invitée d’honneur du salon, nous proposera une conférence autour de son œuvre. En parallèle, nous aurons une intervention de Danielle Dailly, la lauréate du prix Ex Libris Dauphiné 2013, sur le peintre régional Jules Flandrin. Mais ce qu’il a dessiné de la guerre est beaucoup plus anodin.

Actumontagne.com : Qu’est-ce qui fait de ce salon un rendez-vous unique ?
RJ : De tous les salons régionaux du sud de la France, nous comptons le plus de libraires anciens. Cette année, nous en avons deux nouveaux : le Librairie des Alpes de Paris et la Librairie ancienne du Vivarais. Il y a là des livres qui ne se trouvent pas ailleurs, tant ils sont rares, et qui s’échangent parfois à des prix assez élevés.

Actumontagne.com : Comment se porte le livre du régionalisme alpin aujourd’hui ?
RJ : Quand nous avons créé le salon, nous pensions que le nombre de visiteurs augmenterait d’année en année. Nous espérions même atteindre les 10 000 ! Or, aujourd’hui, nous en accueillons entre 3 000 et 4 000 sur les trois jours. Nous nous sommes rendu compte que les personnes sont davantage attirées par la littérature nationale que par la littérature régionale. Comme si s’intéresser à celle-ci était un aveu de pauvreté d’esprit ou quelque chose de rébarbatif ! Par ailleurs, les auteurs dauphinois ont beaucoup de mal à se vendre. La plupart des libraires de Grenoble basent leur activité commerciale sur la littérature nationale. Leur chiffre d’affaire sur la littérature régionale est insignifiant.

Actumontagne.com : Comment inciter de nouveaux visiteurs à franchir les portes du salon ?
RJ : Beaucoup de gens sont à la recherche de leurs racines. Dès lors qu’ils commencent à chercher leurs ancêtres, ils s’intéressent, d’une part, à l’histoire régionale, d’autre part, à l’histoire nationale. C’est pourquoi nous travaillons avec le Centre généalogique du Dauphiné. Cela nous permet de renouveller notre population.

Propos recueillis par Rachel Langot

 

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