Le village de Flumet est assis sur un riche patrimoine dont un des fleurons méconnu est le "moulin à Tienne", une maison suspendue au-dessus de l’Arly, transformée en musée du grain et des traditions rurales. Meunier, tu dors ?

Pressés d’échapper aux gorges de l’Arly, vous vous hâtez sur la Nationale 212 qui traverse Flumet de part en part, maigre corridor jalonné de maisons hautes. Quel dommage !
Hors des sentiers battus, le village savoyard, enserré entre Praz-sur-Arly et Ugine, recèle bien des trésors !
Allez donc jeter un coup d’œil depuis le pont de l’Arly ! En face de vous, un échalas de maisons à encorbellement dont les façades semblent prolonger la falaise à-pic qui les tient, nargue le précipice. On se croirait dans une lointaine ville italienne… Selon Jean-Paul Mollier, chargé de mission pour la valorisation du patrimoine, les maisons actuelles auraient été construites sur les anciennes fortifications médiévales : "A partir du premier château du XIIe siècle, un mur d’enceinte couvrait toute la ville. Le clocher, par exemple, a été construit sur une des tours d’autrefois."

 

Jeannot Rey, président de l’association le moulin à Tienne

Parmi ces maisons suspendues, il y en a une qui a retenu tout particulièrement l’attention de Jeannot Rey, retraité : "le moulin à Tienne sous la ville". Comprenez : le moulin d’Etienne, une bicoque située en contrebas du bourg, dans un méandre du ruisseau Arly, indissociable d’une demeure qui le surplombe, 30 mètres au-dessus. Ce moulin-là, la municipalité l’a racheté il y a une douzaine d’années. Dans la bâtisse du haut, située "au plomb du rocher", dixit Jeannot, le rez-de-chaussée donnant sur la rue a été rénové et transformé en musée du grain et des traditions, grâce aux subventions municipales et à la bonne volonté d’une poignée de bénévoles de l’association "le moulin à Tienne", présidée par M. Rey. On y croise des cartes postales agrandies du Flumet d’autrefois, quelques vêtements et objets de la vie domestique ainsi que les outils caractéristiques du travail des champs et de la meunerie, râteau, batteuse, "ventbolet" (tamis "à vent" permettant de filtrer les grains)… etc. On y croise aussi l’âme d’un astucieux meunier, Etienne Mongellaz, qui a habité ici il y a un peu plus de trente ans. A l’époque, la maison a été adaptée à l’activité de son propriétaire. Une trappe, s’ouvrant à l’arrière, donne directement sur le vide et le moulin en contrebas. A partir de cette ouverture, deux câbles supportent un chariot qui a permis de véhiculer avec un moindre effort les sacs de farine et de grain. En bas, le moulin, en attente de rénovation, est malheureusement fermé à la visite. La bâtisse recèle de vrais trésors, notamment des systèmes de poulies complexes utilisant l’énergie de la rivière et mouvant des meules aux usages multiples. Mais ceci est une autre histoire…

Laurent Gannaz

Renseignements :
des visites sont aussi organisées dans la vieille ville à la lueur des flambeaux.
Tél. : 04 79 31 61 08.

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