Lancé l’an dernier, le Festival international Jazz à Megève revient du 30 mars au 2 avril, pour une deuxième édition toute aussi brillante que celle de 2016. Cet événement musical aspire à devenir le grand temps fort culturel de la fin de saison d’hiver, capable de doper la fréquentation de la station au printemps. Les explications de Catherine Jullien-Brèches, maire de la cité haut-savoyarde.

Actumontagne : Comment est né le Festival international Jazz à Megève ?
Catherine Jullien-Brèches : Nous avions un grand événement l’été, le Jumping international, et un autre l’hiver, le tournoi de polo sur neige. Il nous manquait des temps forts pour animer l’intersaison et les fins de saisons qui s’essoufflent, notamment Pâques. D’où l’idée de créer sur la fin du mois de mars, un événement musical d’envergure nationale, élégant, convivial, généreux, à l’image de Megève. Nous sommes partis sur un festival de jazz, genre chère à Megève et peu présent à cette époque de l’année. Le répertoire du festival pourrait néanmoins évoluer à l’avenir. Cette année déjà, avec le concert exceptionnel d’Eddy Mitchell en formation big band, le seul que le chanteur donne en 2017 en France, le festival prend une orientation plus populaire.

Catherine Jullien-Brèches, maire de Megève ©Simon Garnier

Actumontagne : Vous avez fait appel à la Société des Bains de Mer de Monaco pour la programmation. Pourquoi ce partenaire ?
Catherine Jullien-Brèches : Nous n’avons pas les compétences, ni les réseaux pour construire nous-même une programmation musicale. Dans notre politique événementielle, nous nous appuyons sur des experts dans leur domaine. Nous travaillons par exemple avec le club de ski et la fédération pour la coupe du monde de ski ; pour le Polo Masters de Megève, c’est un organisateur spécialisé, Jean-Yves Delfosse. D’où le choix de la SMB et du directeur artistique Jean-René Palacio, qui signe la programmation du festival Jazz à Monte-Carlo et Juan-Les-Pins. Il nous a concocté une superbe programmation, tant sur le festival in (Eddy Mitchell, Richard Bona, Macy Gray, Alune Wade, Oxmo Puccino, Ibrahim Maalouf (Ndlr : annulation du concert de ce dernier le 1er avril, suite à des problèmes de santé du trompettiste), que sur le off, avec ses concerts gratuits sur les pistes de ski en journée, dans le village et dans les clubs de Megève en after.

Eddy Mitchell Big Banc, Ibrahim Maalouf, Macy Gray, Alune Wade & Oxmo Puccino ou encore Richard Bona, une belle affiche 2017 pour le Festival Jazz à Megève

Actumontagne : Jusque-là, le festival répond-il à vos attentes ?
Catherine Jullien-Brèches : Il faut du temps pour qu’un festival s’installe. Nous cherchons des partenaires pour qu’il coûte moins cher à la commune ! Christian Douchement, directeur de Megève Tourisme et Frédéric Goujat, adjoint délégué aux finances, au tourisme, à l’animation, au développement économique et à la communication s’y emploient. Mais, je rappelle que pour Megève, le festival de jazz international est un formidable vecteur de communication. Il s’inscrit dans une vraie logique de stratégie touristique pour la commune et porte déjà ses fruits. Les médias en parlent, il anime le village, crée une ambiance, procure des sensations et des émotions dont les gens se souviennent. Nous avons constaté que beaucoup de résidents secondaires sont revenus pour le festival l’an dernier. Et tous les hôtels étaient complets. Le festival a le potentiel pour faire en hiver aussi bien que le Jumping en été.

Actumontagne : Quel est le budget d’un tel festival ?
Catherine Jullien-Brèches : L’an dernier, le budget général était de 800 000 euros. Le coût pour la commune s’est élevé à 650 000 euros. J’ai souhaité que l’enveloppe diminue cette année à 500 000 euros. Entre la hausse de recettes générées par l’augmentation de la jauge des concerts au Palais des Congrès -2000 places au lieu de 1500, soit 6000 places- et la limitation des coûts, nous devrions y arriver. N’oublions pas que nous devons aussi satisfaire notre population locale et nos résidents secondaires qui apprécient les événements plus traditionnels autour de nos racines et des traditions de Megève (race Abondance, les vieux métiers, le patrimoine local). Ce sont aussi des temps forts très attendus lors des week-ends d’automne et du printemps.

Actumontagne : Peut-on connaître le montant de votre budget événementiel ?
Catherine Jullien-Brèches : Il s’élève à 5 millions d’euros, et couvre la communication et l’événementiel. Il sert notamment à financer tout ou partie des quelque 300 spectacles qui se tiennent sur l’année, dans des registres très divers, et ciblant les différentes populations de Megève.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Programmation et billetterie sur www.jazzamegeve.com et au 04 50 21 27 28

photos © Philip Ducap, Simon Garnier et Actumontagne

 

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