L’ancien couvent des Carmes, à Beauvoir-en-Royans, devient un musée. Il présente l’histoire des Dauphins, seigneurs du Dauphiné, mais aussi la flore du parc du Vercors. Visite en avant-première.

Le musée du couvent des Carmes ouvre ses portes au public le 31 mai. Cette imposante bâtisse est située à Beauvoir-en-Royans, surplombant la vallée de l’Isère, au pied du Vercors. Elle possède désormais deux vocations : une rétrospective de l’histoire des Dauphins — les seigneurs du Dauphiné — et une exposition sur la végétation du Vercors. Avec également un jardin médiéval et un verger historique. La visite se déroule donc autant en intérieur qu’en extérieur.
Datant de 1343, cet ancien couvent est chargé d’histoire. Il fut édifié juste à côté du château des Dauphins, sur les ordres d’Humbert II. Le dernier des Dauphins essayait ainsi de compenser sa vie de débauche. Mais peu de moines y ont vécu. Des moines de l’ordre des Carmes, proche des Chartreux par leur mode de vie.

Un cadre haut de gamme pour les pièces exposées au tout nouveau musée du couvent des Carmes à Beauvoir-en-Royans
Un cadre haut de gamme pour les pièces exposées au tout nouveau musée du couvent des Carmes à Beauvoir-en-Royans

Une restauration réussie
Après quelques destructions dues aux guerres de religion et à la Révolution, le couvent devient propriété privée. Il est racheté en 2003 par la communauté de communes de la Bourne à l’Isère (CCBI), avec la participation de la commune et du conseil général. Le but : restaurer ce site majeur et le convertir en musée.
C’est chose faite aujourd’hui. Avec beaucoup de goût. Le bois et la pierre se marient harmonieusement pour donner un cadre haut de gamme aux pièces exposées : buste des Dauphins, copie de leurs sceaux, tableaux, maquette du château delphinal dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges…

Les derniers vestiges de l'ancien château des Dauphins à Beauvoir-en-Royans
Les derniers vestiges de l’ancien château des Dauphins à Beauvoir-en-Royans

Mousseline, l’autre liqueur
Mais l’autre vocation des lieux est désormais la végétation du Vercors. Le lien entre les deux ? Une liqueur appelée “mousseline”, jadis fabriquée par les moines du couvent, dont la recette est très proche de celle de la chartreuse. “Donc l’histoire des Dauphins, du couvent, et la flore, ça se tient”, argumente Yves Pillet, président de la CCBI, très impliqué dans ce musée.
Une partie de l’ancien couvent est désormais consacrée à une exposition ethno-botanique, qui raconte et montre l’histoire des plantes du Vercors, leur évolution et leurs vertus. La chapelle, elle, accueille des expositions temporaires. La première : des macro-photos artistiques de fleurs.

En complément, le site abrite aussi à l’extérieur un jardin médiéval, présentant environ deux cents plantes anciennes (aromatiques, aphrodisiaques, textiles…), et un verger historique. Ce verger donne à voir des variétés oubliées, souvent plus savoureuses que celles d’aujourd’hui. Il permet aussi de conserver ces espèces et de les transmettre aux agriculteurs qui voudraient les cultiver.
Le couvent des Carmes est donc un lieu qui fait revivre le passé, tout en se préoccupant de l’avenir…
Jeanne Palay

Tél. 04 76 36 15 53.
www.couventdescarmes.com
Ouvert de 10 à 18 heures, 7 jours sur 7.
Tarifs : de 3,20 à 6 €.

 

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