Initiées fin 2002 par la Facim, les conférences et visites consacrées aux stations de sports d’hiver rencontrent un franc succès. Encadrés par des guides conférenciers formés spécialement, ces circuits d’interprétation permettent au public de porter un regard objectif sur ce patrimoine touristique contemporain. Pour sortir des subjectives considérations, "c’est beau", "c’est laid".

L’immeuble Le Brelin aux Menuires, symbole de l’architecture moderne des stations

C’est une première très symbolique qui a eu lieu aux Menuires le 19 avril 2004 : la destruction d’un bâtiment emblématique des années 60, le village vacances VVF Le Solaret. VVF Vacances, numéro deux de l’hébergement en France, en partenariat avec le constructeur MGM et la commune de Saint-Martin-de-Belleville, lui substitue une résidence de tourisme haut de gamme, composée de huit chalets totalisant 150 appartements livrés clés en main.

Jamais, dans les Alpes françaises, une structure d’hébergement n’avait ainsi été rasée. Radicale, cette opération devrait rester exceptionnelle car l’éparpillement de la propriété dans les infrastructures collectives en limite la répétition.

Une première dans les Alpes françaises, la destruction d’un bâtiment emblématique des années 60, le Solaret aux Menuires L’architecture moderne des pionniers Quoi qu’il en soit, cette destruction inédite illustre bien la mutation architecturale que vivent les stations de sports d’hiver depuis une dizaine d’années. Ici, on a transformé le toit à un pan d’un chalet, par un toit à deux pans ; là, on a recouvert le béton brut de bois ou de pierres apparentes. Les constructions neuves optent de façon quasi-unanime pour le style chalet. Partout, la rupture avec l’architecture moderne, inventée par les "pionniers de l’or blanc", pour reprendre le titre du livre éponyme du journaliste Philippe Revil*, est consommée. "Le consommateur de loisirs à la montagne veut plus de confort, davantage de surface, un environnement qui tranche avec son quotidien urbain par l’utilisation de matériaux qu’il identifie à la montagne, bois, pierre, torchi", expliquent promoteurs, aménageurs, concepteurs. Vrai, bien sûr d’autant que le ski n’est plus leur seule priorité sur place. Passionnant le contemporain ! Il n’empêche, sans verser dans la nostalgie ni porter de jugement de valeur sur le style que façonnent en ce moment les tenants de l’économie de montagne, ne faut-il pas redonner sens à ce qu’ont imaginé les bâtisseurs des stations implantées ex-nihilo à partir de la fin de la Seconde guerre mondiale ? La Facim, qui a notamment pour mission d’animer les sites patrimoniaux religieux, ruraux, touristiques savoyards, le pense. En 2002, elle a pris l’initiative de valoriser les stations de sports d’hiver, véritable patrimoine industriel contemporain. La première visite guidée a eu lieu en novembre 2002 lors du colloque fondateur "Cimes 2002 –Perspectives pour un nouveau siècle de sports d’hiver" à Courchevel, précurseur des stations intégrées. "Il ne s’agit pas d’opposer les différents types d’architecture", souligne Pierre-Yves Odin, animateur du patrimoine et coordinateur de l’équipe de guides à la Facim. "Nous voulons resituer dans le contexte économique, politique et social de l’époque, le profil de la station de sports d’hiver, parler d’architecture et d’urbanisme, évoquer les hommes qui l’ont imaginée et enfin interpréter ses évolutions actuelles». Nombreuses sont les stations d’altitude invitant les vacanciers (les locaux aussi) à venir découvrir, en compagnie des guides-conférenciers, leur genèse et d’en comprendre le paysage. Sophie Chanaron Demandez le programme des visites guidées !L’aventure d’une station d’altitude est traitée dans plusieurs stations :Courchevel 1850 (les 17 et 24 février à 14h30 ; 2 et 16 mars à 17h30 + le 3 mars à 14h30 visite de la station suivie d’un concert dans le cadre du festival les Musicimes ; Les Menuires (17 et 24 février à 15 h, même heure les 3 et 24 mars) ; Val Thorens (les 18 et 25 février à 15h) ; Valmorel (18 février à 18 h, le 4 mars à 18 h) ; Les Arcs (tous les jeudis à 15 h jusqu’au 28 avril) ; La Rosière (voir OT) ; La Plagne (16, 23 février et 2 mars à 14h30). Durée une heure environ + dégustation produits régionaux en fin de session. et aussi : les découvertes des villages aux flambeaux à Pralognan-la-Vanoise (les mardis du 1er mars au 19 avril à 20 h 30), Les Allues (les 10 et 17 mars à 20 h 30), Les Avanchers (le 10 mars à 18 h 30), Saint-Martin-de-Belleville (1er mars à 18h30), Bessans (les 3, 10 et 17 mars à 18 h 30).

 

*Les pionniers de l’or blanc, Philippe Revil, R Helle, Editions Glénat