Passé de trois à cinq jours, l’Albertville Jazz Festival (27-31 août) a vu sa fréquentation quasiment doubler entre sa première édition l’an dernier, et sa deuxième cette année. Les organisateurs annoncent près de 8000 festivaliers présents pour le cru 2016 de ce festival qui fait partie des 10 labellisés Réseau Spedidam en 2016.

Sa programmation de premier plan, avec des têtes d’affiche comme Marcus Miller, Keziah Jones, Lucky Peterson, le Michel Jonasz Quartet ou encore St Germain, a incontestablement fait mouche. La formule avec deux scènes, une gratuite en journée côté jardin de ville et l’autre payante sous chapiteau en soirée, permet de drainer dans la cité olympique un public très varié, largement familial en journée, plus averti en soirée, même si l’objectif des organisateurs est de montrer la diversité du jazz, en tordant le cou à l’idée reçue que le genre est élitiste. A travers les 90 artistes s’étant produits sur les deux scènes pendant ces cinq jours, ils ont montré combien le jazz est ouvert aux autres musiques (des musiques traditionnelles à l’électro ou au hip-hop), libre, avant-gardiste et surtout joyeux, à l’image des concerts d’Electro Deluxe, de St Germain et ses musiciens maliens ou sénégalais, à l’enthousiasme communicatif.  


Pari réussi puisque l’on a croisé sous le chapiteau d’Albertville, aussi bien de jeunes auditeurs plutôt habitués des festivals de reggae ou d’électro, que des plus de 50 ans, jazzophiles invétérés ou mélomanes écléctiques, prêts à faire des kilomètres pour tel ou tel artiste.  A l’image de ces deux sexagènaires venus de Voiron en Isère pour revoir Lucky Peterson, plus de 20 ans après un premier concert de ce chanteur, guitariste et organiste de blues. « Il s’est empaté et son guitariste fait un sacré boulot, mais sa voix grave et puissante n’a pas changé », se félicitent les deux compères, mettant un bémol à la qualité du son du concert de Lucky Peterson; « trop fort et saturé ». Situation heureusement corrigée pour le concert de St Germain qui a suivi.

St Germain, électro jazz et rythmes africains
Le festival albertvillois doit également son succès à son ambiance bon enfant, faisant largement oublier le dispositif de sécurité autour du chapiteau (glissières de béton armé, barrières métalliques, voitures de police), sa dimension à taille humaine, et, cerise sur le gâteau au soin apporté à l’espace restauration, privilégiant le bio et le local.
Rendez-vous en 2017 pour une troisième édition !

S.C.

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