La Caisse des Dépôts a officialisé hier à Chambéry, lors des Assises nationales de l’aménagement et de l’économie durables en montagne, la création de la Foncière Rénovation Montagne. La vocation de cette société dont le capital est détenu par la CDD (48,8%), la Banque populaire des Alpes (16%), la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes (16%), le Crédit agricole des Savoie (9,6%) et la Compagnie des Alpes (9,6%)? Lutter contre la perte de lits touristiques, estimée entre 1 et 3% chaque année, et réduire le nombre de ce que les professionnels du tourisme nomment les lits froids. Logements jamais ou très peu occupés en raison de leur vétusté, ils représenteraient entre 30 et 40% des cinq millions de lits touristiques en montagne. Une plaie pour les communes à laquelle cette initiative groupée, saluée et soutenue par les collectivités locales, s’attaque. En effet, ces hébergements inadaptés à la demande du marché, pèsent sur l’attractivité des stations et le dynamisme des territoires.
Dans un premier temps, la Foncière Rénovation Montagne, relayée sur le terrain par des foncières locales dans lesquelles seront réunis divers acteurs*, va investir plus de 70 millions d’euros dans l’achat de 500 appartements d’ici à quatre ans. Objectif, les rénover en faisant appel à des entreprises locales, pour les remettre dans le circuit locatif. Ils seront ensuite mis en vente en vue de procéder à d’autres acquisitions « Ces appartements sont en cours de sélection dans cinq stations : La Plagne, Les Arcs, Les Menuires, les Deux-Alpes et Serre-Chevalier, dont le domaine skiable est exploité par la Compagnie des Alpes : « Mais ce dispositif n’est pas réservé aux seules stations de notre groupe », a précisé Agnès Pannier-Runacher, directrice générale déléguée de la Compagnie des Alpes, qui souhaite que ce dispositif fasse boule de neige, et bénéficie aux acteurs économiques d’autres stations françaises . « C’est un signal que nous envoyons aux opérateurs pour leur dire, il y a une faille dans le marché mais c’est possible d’agir. La CDA a un rôle de locomotive ». Selon le premier opérateur français de domaines skiables, il y aurait à la clé des premières rénovations, un chiffre d’affaires additionnel de 20 millions d’euros par an.

*Sociétés de remontées mécaniques et collectivités

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