Pionnier du ski nocturne il y a vingt ans, le Collet d’Allevard (38) est plus entreprenant que jamais. Le remplacement d’un télésiège clé au Super Collet, et un nouveau système de billetterie, sont le prélude à une nouvelle ère pour la station cinquantenaire qui compte bien accroître sa clientèle de séjour dans les prochaines années. 

C’est Antoine Cros, Auvergnat débarqué au pays d’Allevard à l’aube du 20e siècle, qui eut, dès 1920, l’idée d’une station de ski dans ce coin du massif de Belledonne en Isère. L’hiver venu, en sa compagnie, la population locale rejoignait en peaux de phoque la forêt et les alpages qui surplombent la cité thermale. Il faudra pourtant attendre le début des années 50 et la construction d’une route permettant d’accéder au Collet pour que la station soit véritablement lancée ? à l’hiver 1955-1956. Cinquante ans plus tard, après un développement marqué par des hauts et des bas – le lot de nombre de stations de moyenne altitude – le Collet d’Allevard, sous l’impulsion du Syndicat intercommunal et de RM Loisirs, la société concessionnaire des remontées mécaniques, bénéficie d’un nouveau souffle.

Amorcé au tournant des années 2000, il permet à la station familiale iséroise de regarder l’avenir avec optimisme, d’autant que son format est dans l’air du temps. Les investissements ont repris à un rythme plus soutenu. Après le renouvellement du parc des dameuses, c’est au tour des remontées mécaniques d’être modernisées. Ainsi, cette saison, au Super Collet, un télésiège quatre places vient remplacé un appareil obsolète et difficile d’accès pour les débutants et les jeunes skieurs. « Cet équipement élargit de facto le domaine skiable pour le cœur de cible de la station», explique Pascal Chataing, enfant du pays, directeur de RM Loisirs depuis 1999. Autre initiative cet hiver, la mise en place d’une nouvelle billetterie. Les remontées mécaniques proposent désormais un titre de transport mains libres  » sans supplément pour nos clients », souligne Pascal Chataing. Si, pour l’instant, il permet avant tout d’assurer le contrôle automatique des skieurs sur les appareils, l’année prochaine, il permettra la mise en service du concept « direct to lift », déjà adopté par plusieurs stations dans les Pyrénées. «Les clients achèteront leur carte une fois dans la saison et seront prélevés de leur consommation une fois par mois, directement sur leur compte bancaire », explique Pascal Chataing pour qui les nouvelles technologies doivent avant tout permettre de supprimer les démarches rébarbatives pour le client, « et notamment le passage en caisse avant le ski comme après le ski». Dernière nouveauté de la saison, la carte liberté, qui permet, depuis Internet, d’acheter de deux à dix journées de ski (de 38 à 171 €) à utiliser à sa guise tout au long de la saison. N’étant pas nominative, elle peut être prêtée. Encore un bon point pour la station iséroise !

L’avenir passe par Allevard

Si la clientèle de la station reste de proximité – originaire principalement des bassins grenoblois et chambérien- elle pourrait, dans les prochaines années, provenir de régions plus lointaines, voire de l’étranger. Elus et professionnels misent de plus en plus sur la clientèle de séjour. « Et pour ce faire, nous avons les lits d’Allevard qui ne demandent qu’à être exploités», juge Pascal Chataing. Les idées ne manquent pas du côté des acteurs économiques locaux qui planchent sur plusieurs scénarios dont la concrétisation devrait être effective d’ici un à deux hivers. L’avenir du Collet semble bien engagé.

Sophie Chanaron

Mieux appréhender les avalanches

Depuis cette saison, Alain Klucar, chef des pistes et son équipe, proposent tous les mercredis des ateliers d’initiations aux techniques de recherche de victimes d’avalanches. La station s’est dotée d’un système unique simulant les conditions proches du réel. Au menu, cours théoriques sur la nivologie et la formation des avalanches, gestes élémentaires de secourisme, puis exercices pratiques sur le terrain en seconde partie de matinée: recherche Arva et sonde. De 9 à 12 h 10€

Figures du Collet :

Les festivités du cinquantenaire du Collet ont permis de remettre dans la lumière différentes figures de la station :

– Hélène Béranger, l’une des figures incontournables de la station avec son mari Fernand, moniteur de ski et créateur de l’école de ski. Ensemble, ils reprennent la gérance du Télé-bar en 1960, un bar où elle concocte de légendaires casse-croûtes. A la veille des JO de Grenoble, le couple crée un premier magasin de sport puis ouvre un tabac presse. Aujourd’hui, c’est son fils qui a repris le flambeau de Béranger Sports. Hélène, elle, s’implique dans de nombreuses associations locales.
– Au Collet, on croise souvent Christine et Marielle Goitchel. Et pour cause, la première a épousé Jean Béranger, un enfant du pays, entraîneur de l’équipe de France de ski 1962 à 1972, celle qui récolte les médailles d’or et les titres à tour de bras.
Polytechnicien, ingénieur des Pont-et-Chaussées, Georges Cumin a contribué à la créations des stations de Belledonne. C’est sous sa directive qu’est créée la fameuse route d’accès au Collet à partir de laquelle naîtra la station.