Une délégation chinoise de la province du Sichuan était en visite mercredi 13 juin à Grenoble, pour y rencontrer des acteurs isérois du développement et de l’aménagement touristique de la montagne (maires de stations, directeurs d’offices du tourisme, responsables d’entreprises de ce secteur d’activité).

Cette visite express dans les Alpes (une semaine pour voir Chamonix, Chambéry, Grenoble, Argentière-la-Bessée dans les Hautes-Alpes et Nice) s’inscrit dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée entre les Alpes françaises et la province du Sichuan, né d’une rencontre en avril 2006 à Pékin entre Jean-François Lamour, alors ministre des Sports, et son homologue chinois Liu Peng. Côté français, ce projet a été relayé par le Comité de massif des Alpes, qui regroupe des acteurs des régions PACA et Rhône-Alpes.
Une convention a d’ailleurs été signée le 12 février dernier entre ce comité de massif des Alpes et les autorités de la province du Sichuan. Elle fixe les grandes lignes de la coopération, qui passe dans un premier temps par la fondation à Chengdu (chef lieu du Sichuan) d’un centre franco-chinois du développement des sports et loisirs de la montagne, qui pourrait voir le jour au plus tôt début 2008. « Il s’agit avec ce centre de créer une sorte d’ambassade des savoirs faire français en termes d’aménagement touristique de la montagne », explique Serge Koening, le responsable français de la coopération Alpes-Sichuan. Les acteurs de ce centre devraient par la suite travailler à l’aménagement d’une station quatre saisons, qui serait une vitrine, un site pilote. A long terme, l’objectif est clair : participer activement à l’aménagement de sites touristiques au Sichuan. « Les Français sont généralement moins bons en lobbying que leurs concurrents suisse ou autrichiens. Il est donc essentiel d’être présent avant eux si on souhaite au final récupérer des marchés », analyse Serge Koening.

Un gros réservoir potentiel de skieurs

Afin de mieux comprendre l’intérêt des acteurs français de l’aménagement touristique pour le Sichuan, quelques chiffres suffisent. Cette province chinoise, d’une superficie de 485 000 km² (contre 551 000 km² pour la France) compte 86 millions d’habitants. Le tourisme représente pour l’instant 12 % du PIB du Sichuan, lequel PIB augmente de 12 % par an, comme l’a rappelé hier  Wang Dongzhou, secrétaire général du gouvernement de cette province chinoise. Autant dire que les perspectives économiques sont particulièrement alléchantes. « La station de ski de Xiling, près de Chengdu, remplit à 100 % ses 1800 lits. Le forfait remontées mécaniques coûte pourtant près de 40 €, pour un domaine à peine plus grand que le Col de Porte (station proche de Grenoble comptant 6 pistes sur 300 m de dénivelé, NDLR). Autant dire qu’il y a de nombreux skieurs potentiels là-bas. Plusieurs stations françaises ont déjà fait part de leur intérêt », confirme Jean-Charles Simiand, délégué général du Syndicat national des Téléphériques de France.

Martin Léger

Légende photo : Dongzhou Wang, secrétaire général du gouvernement du Sichuan, remet un cadeau de sa province à Christian Pichoud, vice-président du Conseil général de l’Isère chargé du tourisme.