Réunis à Strasbourg les 6 et 7 novembre à l’occasion de leur congrès annuel, les adhérents de Domaines Skiables de France ont voté, en présence de Pierre Gattaz (président du Medef) et de Sophie Dion, députée de Haute-Savoie, une motion pour demander au gouvernement une concertation pour la mise en place du prochain calendrier scolaire (pour la période allant de 2014 à 2017).

Déjà pénalisées par les décalages successifs des vacances de février et de printemps, les stations de montagne ont vu leur fréquentation totale chuter de 70 % en trois ans lors des vacances de printemps. Rappelons qu’en 2013, celles-ci avaient été placées du 13 avril au 12 mai. Or à quelques exceptions près (Tignes, Val d’Isère, Val Thorens, Les Grands Montets), toutes les stations avaient achevé leur saison au plus tard le 28 avril. Et la situation devrait encore empirer dans l’état actuel des choses, le gouvernement proposant pour l’année scolaire 2016-2017 des départs en congés à mi-semaine. Après avoir rappelé que le calendrier scolaire a une influence très forte sur la vie sociale et économique de la France (en particulier sur l’industrie touristique qui représente 7% du PIB national, 78,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 900 000 emplois), voici ce qu’écrivent les professionnels du tourisme dans cette motion intitulée Tourisme d’avril – emplois en péril : « Nous ne pouvons accepter une proposition qui revient tout simplement à amputer d’une semaine le travail des professionnels du tourisme ! Nous ne comprenons pas que nos efforts pour sécuriser les parcours professionnels des 120.000 saisonniers des stations soient remis en cause, pour 35.000 d’entre eux, par une décision unilatérale. Plus incompréhensible encore, ce calendrier scolaire est synonyme pour l’Etat d’un manque à gagner de 80 à 100 millions d’euros de recettes fiscales. Un tel calendrier ne fait pas qu’impacter les professionnels de la montagne. C’est l’ensemble de l’industrie touristique qui se trouve mis en difficulté. Les stations du littoral sont également sensiblement touchées car ce calendrier englobe désormais les ponts de mai dans les vacances de printemps, tout en les privant d’un lancement de saison début avril. Pour toutes ces raisons, nous jugeons inacceptable que le calendrier scolaire soit élaboré sans réelle concertation et de manière unilatérale par le seul ministère de l’éducation nationale en totale contradiction avec les déclarations du Président de la République de faire du tourisme une cause nationale en 2014. Le calendrier scolaire imposé depuis déjà trois ans a fait assez de dégâts : il doit être corrigé pour les trois prochaines années. Dans un esprit constructif et afin de faire coïncider les intérêts de tous, les professionnels du tourisme proposent et rappellent leur attachement à: des semaines de vacances pleines ; l’importance de refaire des mois de février et d’avril des mois de vacances avec l’avancement des départs en vacances pour ces périodes ; au zonage, avec notamment quatre semaines de vacances en plein cœur de l’hiver. Nous demandons l’ouverture d’une réelle concertation sur le calendrier scolaire associant toutes les branches professionnelles parties prenantes. Nous demandons, que la fixation du calendrier scolaire ne relève pas du seul ministère de l’éducation nationale et que les autres ministères concernés soient associés en interministériel, notamment l’économie, l’emploi, l’industrie et le tourisme. »

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