Ce 5 janvier, ils étaient près d’une quarantaine de délégués du Syndicat CGT des remontées mécaniques et services des pistes de tous les massifs -à l’exception du Massif Central et du Jura-, présents à Chambéry pour leur traditionnelle rencontre nationale de janvier. L’occasion de faire le point sur la situation des saisonniers en ce début de saison, où la neige manque cruellement à l’appel. « La situation est catastrophique, pire que l’an dernier à la même époque », juge Antoine Fatiga, leur délégué national. « Actuellement, plus de 20% des salariés ne sont toujours pas embauchés dans les stations, tous secteurs confondus », déplore le syndicaliste. Et cela même dans les remontées mécaniques, où les travailleurs disposent d’une convention collective plus protectrice. « Les nouveaux recrutés eux, n’ont toujours pas commencé le boulot ; heureusement, dans certains endroits, la solidarité a fonctionné, mais ailleurs, ces jeunes ont dû repartir d’où ils venaient, faute de quoi vivre et se loger sur place. Il y a une quinzaine d’années, lorsque nous avions rencontré le même manque de neige, le préfet de région avait réuni les représentants et les employeurs pour leur rappeler leurs obligations. Aujourd’hui, on s’accommode de la précarité et de la misère », dénonce Antoine Fatiga.
Et de s’étonner que dans un secteur producteurs de richesses comme le tourisme, les travailleurs, et en particulier les saisonniers, restent une variable d’ajustement. « Pourtant, ce secteur bénéficie de beaucoup d’argent public ». Il en veut pour preuve le nouveau plan Neige de la Région Auvergne Rhône-Alpes et ses aides en faveur de la neige de culture, dont la pertinence ne le convainc pas. Il cite aussi le CICE, crédit d’impôt « qui, pour une station comme Courchevel, avoisine les 500 000 euros par an ».
Or, pour les délégués, c’est en début de saison et encore plus quand l’enneigement fait défaut, que les effectifs doivent être au complet. « Il faut du monde pour travailler la neige, enlever les pierres, remettre les jalons sur les pistes, faire face aux accidents plus nombreux », témoigne Thomas Dominique, pisteur et délégué syndical aux Arcs, constatant que les employeurs grattent sur tout. Et surtout sur la masse salariale, citant à l’appui le classement annuel des domaines skiables que publie en janvier notre confrère Montagne Leaders : le chiffre d’affaires des exploitants a progressé de 3,5% en moyenne depuis cinq ans, alors que leur masse salariale a baissé de 7%.


Le syndicat CGT des remontées mécaniques et services des pistes ne comprend pas non plus pourquoi, les employeurs ne font pas systématiquement de demande d’activité partielle auprès de la  la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la consommation). A hauteur de 7,74€ de l’heure travaillée, elle est prise en charge en grande partie par l’Etat. La délégué syndicale de Valmorel se félicite que son employeur remplit systématiquement le dossier de demande d’activité partielle, qu’il active ou pas selon la situation. Tous les personnels ont ainsi été embauchés au 2 janvier alors que 15% seulement du domaine est ouvert.
Dans les Alpes du Nord, près de 200 entreprises tous secteurs confondus ont à ce jour déposé un dossier de demande d’activité partielle en raison du manque de neige. Celle-ci est annoncée pour le milieu de la semaine prochaine. De quoi faire retomber la tension ?

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