Ils étaient une bonne soixantaine de socio-professionnels et d’élus de la montagne à participer au débriefing de la saison d’été lors du 2e Mountain Debrief à Valloire, à l’instagation de la Fédération professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs (FPS). Une station savoyarde encore fort fréquentée en ce début septembre, grâce à une météo au beau fixe depuis plusieurs semaines. Elle laisse augurer une excellente fin de saison estivale après un démarrage difficile et tardif. « Le mois d’août a sauvé la saison », résument tous les participants au Mountain Debrief constatant le glissement de plus en plus net de la saison vers le mois d’août. L’Observatoire Savoie Mont-Blanc Tourisme l’indiquait dès la semaine dernière dans sa note de conjoncture, précisant même que le huitième mois de l’année concentre désormais 48% du volume total des nuitées en hébergements marchands de la saison estivale. Une tendance confirmée par Isère Tourisme ce matin. En Isère, le taux de remplissage des hébergements marchands sur août atteint 45% et progresse de 6% par rapport à l’été 2015.

Erosion sensible des nuitées sur le long terme
Mais cette saison somme toute correcte ne doit pas masquer la réalité, comme l’a souligné Yvan Chaix, directeur de l’agence de développement du Département des Hautes-Alpes. La montagne est confrontée à une baisse d’attractivité l’été, même si elle s’affiche comme le deuxième espace le plus fréquenté par les Français l’été, selon la toute dernière enquête d’Atout France. En Savoie Mont Blanc, la clientèle française représente en effet 77% des nuitées, en Isère, elle avoisine les 70%. Dépassant les 24 millions en 2000, les nuitées sont descendues en dessous des 22 millions en 2015. Même orientation dans le troisième département nord-alpin où le nombre de nuitées en hébergements marchands continuent de s’éroder depuis le début des années 2000. Pour autant, les socio-pros et les élus n’entendent pas baisser les bras. « Nous disons à nos adhérents, ouvrez l’été, vous avez plus de chance de réussir que d’échouer », témoigne Brice Blancard de la Fédération professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs (FPS). Celle-ci a mené une étude auprès des enseignes de magasins de sport en montagne. « L’an dernier, 1/4 des entreprises indiquaient que leur activité estivale était rentable, cette année, elles sont 1/3 ». Notamment grâce au VTT, version classique ou à assistance électrique, ce dernier représentant un fort portentiel pour la montagne estival. « A condition de le faire essayer, à l’instar du département de l’Isère avec son opération Vivez l’échappée électrique, et aussi de travailler sur la rénovation des sentiers VTT pour les rendre plus grand public », estime Julien Rebuffet, directeur des Moniteurs cyclistes Français.

Développer une stratégie produit

Et pour cause, la clientèle qui vient en montagne ou pourrait venir en montagne est de moins en moins sportive. « Elle n’a pas l’habitude de faire des efforts. Du coup, nous « inventons » des sommets ! », raconte Greg Coubat, vice-président du Bureau des guides Savoie Maurienne. « Nous ramenons un itinéraire de 1500 mètres de dénivelé positif à 600 mètres. C’est un peu plus bas, mais les clients sont ravis ». Même satisfaction de la clientèle des quatre villages du Club Med ouverts l’été en France (+ un en Italie). « C’est une clientèle très familiale et francophone à 75% », détaille Xavier Le Guillermic, directeur montagne de l’opérateur. « L’été représente moins de 10% du volume global de notre activité montagne. Mais nous y croyons fort aujourd’hui, contrairement à une dizaine d’années en arrière. Nous allons même partir à la conquête des marchés européens et américains avec la création de nouveaux villages, comme celui de Samoëns dont l’ouverture est prévue en décembre 2017″. Proche de Genève, il devrait attirer une clientèle internationale avide de se ressourcer et de pratiquer les 000 et une activités proposés par les professionnels du Grand Massif, partenaire du numéro 1 mondial du séjour tout compris.

« Mais, il ne s’agit pas d’accumuler les activités, il faut avoir une stratégie produit », martèle Michel Giraudy, président de France Montagnes et maire de Bourg-Saint-Maurice/Les Arcs. Et cesser d’opposer la montagne à la mer. « C’est une mauvaise stratégie. Il faut plutôt trouver ensemble des arguments pour jouer la complémentarité entre ces différents milieux, surtout en France où on a une culture maritime l’été », rappelle Xavier Le Guillermic.

En capitalisant sur ses quatre grands lacs alpins, Savoie Mont Blanc Tourisme arrivera peut-être à attirer en altitude une partie de la clientèle qui plébiscitent les séjours sur leurs rivages. A suivre !

 

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