« Des montagnes, des plaines, un patrimoine bâti exceptionnel, des musées, de la culture partout, le Département de l’Isère dispose d’énormes atouts pour devenir une destination touristique majeure », a rappelé Jean-Pierre Barbier, président du Conseil départemental de l’Isère, lors des Rencontres des Acteurs du tourisme de l’Isère, le 4 octobre dernier.

Plus de 500 acteurs du tourisme ont participé à cette journée de réflexion à l’auditorium du World Trade Center à Grenoble. Pour Chantal Carlioz, vice-président en charge du tourisme et présidente d’Isère Tourisme, le « bras armé » de la collectivité territoriale pour la promotion touristique, ce rendez-vous était une bonne occasion pour continuer à fédérer et galvaniser les troupes d’un secteur, dont le chiffre d’affaires s’élève à 1,2 milliard d’euros, en hausse de 3% entre 2016 et 2017. « Le tourisme isérois, dont la locomotive est la montagne, génère 23 000 emplois directs, soit 6% des emplois du département, en progression de 6% depuis 2016 », indique la première magistrate de Villard-de-Lans, se félicitant de l’augmentation de 2% du nombre de nuitées touristiques l’an dernier.

Les Lyonnais : les faire passer de l’excursion au séjour
Depuis deux ans, le Conseil départemental a lancé de grands projets touristiques – la remise en service du Petit Train de la Mure, l’extension de la halte fluviale de Vienne, l’essor de l’aéroport Grenoble Isère, les itinéraires doux en VAE, la station de montagne du futur -qui créent une dynamique générale. « Nous nous inscrivons dans une démarche de développement durable, quatre saisons, avec des actions à court, moyen et long terme », souligne le président Barbier, rappelant la mission d’Isère Tourisme de développer l’attractivité du département autour de la marque Alpes is(H)ere. Parmi les clientèles ciblées cette saison, nos voisins Lyonnais sur les courts et moyens séjours. « Une clientèle de passage que nous voulons faire séjourner chez nous », explique Chantal Carlioz, citant ces chiffres évocateurs : quand un excursionniste (touriste à la journée) dépense 40€, un touriste en séjour dépense plus du double. D’où l’idée cet automne, de floquer le tram de la ligne 1 de Lyon aux couleurs d’Alpes is (H)ere.

Marketing de la demande
L’économie touristique va rentrer dans des phases de mutation importantes qui sont des opportunités formidables pour un territoire. « Nous sommes convaincus que la performance d’un territoire dépend de la qualité de son éco-système, de la qualité de ses liens et de sa capacité à mettre en relation ses habitants, ses visiteurs, ses entreprises, ses collectivités, ses chercheurs », analyse Vincent Delaitre, directeur d’Isère Tourisme appelant à une démarche marketing de la demande et non plus de l’offre, en s’appuyant sur l’expérience touristique. Et il rappelle : « Un produit ça se consomme, une expérience ça se retient ». « Nos visiteurs sont en attente de souvenirs liés aux émotions positives ressenties dans leur séjour. Tout l’enjeu de notre métier est d’être des créateurs d’expériences, nous devons être des metteurs en scène du territoire ».

L’attractivité par l’expérience
Pour que les offres des socio-professionnels ne se perdent pas dans un océan de propositions de séjours sur Google ou Booking.com, Isère Tourisme va mettre en place en Isère, une démarche innovante qui va consister, à partir des attentes des différentes clientèles cibles, à construire des expériences globales sur mesure. « Nous avons déjà commencé à travailler sur cette question des expériences à travers le magazine Alpes is (here) tiré à 650 000 exemplaires, diffusé dans les boîtes aux lettres des Isérois et des Lyonais en cœur de ville. Ce travail de mise en expérience dans le magazine, nous le faisons aussi sur des supports vidéo tournés l’an dernier à l’intention des familles, des groupes d’amis, les jeunes couples… ». Dans les mois qui viennent, Isère Tourisme va également co-construire avec les acteurs du tourisme isérois (offices de tourisme, hébergeurs, prestataires…) des offres de courts séjours aux quatre saisons autour d’expériences exceptionnelles, à destination des différentes clientèles de proximité du département. Notamment les Lyonnais, sujets d’une étude qualitative menée par Blooming Research sur leurs attentes en matière de vacances. Les premières offres expérientielles devraient être visibles sur les plateformes numériques début de l’été 2019.