En devenant Mountain Planet, le Salon de l’Aménagement de la montagne, qui fêtait en 2014 ses 40 ans, a réussi son pari d’internationaliser son visitorat. Sur les 15 000 visiteurs ayant franchi les portes du parc des expositions de Grenoble-Alpexpo, 26% venaient de l’étranger, contre 10% en 2012, date de la dernière édition de ce salon biennal.

« Nos efforts de communication et de promotion du salon à l’international ont porté leurs fruits », s’est félicité Catherine Calmels, la directrice générale d’Alpexpo. La Corée, invitée d’honneur de cette 21e édition, y a envoyé une importante délégation. Parmi ses membres, les directeurs de deux stations sur les 17 que compte le pays, Yongpyong Ski Resort et Vivaldi Park, station coréenne la plus fréquentée. Ils sont venus parler du marché du ski coréen qui totalise 7 millions de journées skieurs par an. Ces stations fonctionnent de façon très différente des nôtres. Elles s’apparentent plutôt à des parcs de loisirs (resort en anglais) où la glisse n’est qu’une activité parmi d’autres, comme la détente, la restauration, le bien-être ou le shopping. Elles sont en activité 24h sur 24h, hiver comme été où l’on peut faire du golf, de la luge d’été, de la randonnée, de l’équitation…

Cap sur les pays émergents

« Le marché du ski en Corée est encore modeste », reconnaît Benoît Robert, directeur du Cluster Montagne, qui précise que les entreprises françaises sont connectées depuis plus de 20 ans avec la Corée du Sud. « Avec les JO de Pyeongchang en 2018, la pratique du ski devrait se développer fortement dans la population », estime-t-il. L’événement olympique stimule déjà les investissements sur place. Selon le consultant Laurent Vanat, quelque 10 milliards d’euros sont nécessaires pour rénover les sites existants et en créer d’autres pour les XXIIIe Jeux olympiques d’hiver. Les appels d’offre sont en cours. Et les industriels français sont sur les rangs. Mountain Planet a été l’occasion pour l’expertise tricolore de faire une piqûre de rappel auprès de la délégation coréenne. Mais il y a bien d’autres pays dans le viseur de la centaine d’entreprises adhérentes au Cluster Montagne, comme l’a rappelé Benoît Robert : la Russie toujours, le Kazakhstan, la Géorgie ou encore la Turquie pour des projets d’envergure, notamment des créations ex-nihilo de domaines skiables, autant de relais de croissance d’un marché marché français mature, qui se caractérise par du remplacement d’installations existantes et où l’heure est plutôt aux économies.
S.C.

 

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