Née fin 2009 du rapprochement de deux scieries savoyardes concurrentes, Scieries Réunies de Savoie à Rognaix et Scierie Lapierre à Châteauneuf, Scierie de Savoie fait partie du top 15 du sciage de résineux en France. Dans un marché très concurrentiel et capitalistique, ses dirigeants sont passés à la vitesse supérieure.

Après avoir recentré sa production sur le seul site de Rognaix, l’entreprise s’est équipée d’une deuxième ligne de sciage ultra-moderne, en mesure de lui permettre d’accroître sa force de frappe. Un investissement lourd (environ 12 M€), aboutissement d’un projet de modernisation enclenché en 2011. « Il a fallu définir le plan de modernisation et ses objectifs, contacter les fournisseurs de matériels, et enfin financer cette transformation, en particulier l’achat de matériels à la pointe de la technologie », explique Grégory Martin, l’un des deux co-gérants de la société savoyarde. En particulier la ligne de sciage canter de marque allemande, dotée d’un scanner 3D, capable d’analyser chaque grume se présentant afin d’optimiser sa coupe.

Jean-François Lapierre, Jean et Grégory Martin ©Actumontagne

Opérationnel depuis six mois, le nouvel outil de travail a déjà porté ses fruits sur la production et la qualité des produits se félicite Grégory Martin. La capacité de sciage est passée de 400m3 jour à plus de 600 m3. Surtout, le scieur savoyard peut débiter des grumes de diamètres et de qualité très variables. Un nouvel atout de taille face à une matière première locale très hétérogène en raison de son caractère montagneux. La scierie est équipée pour traiter à terme 75 000 m3 de bois par an, contre 55 000 jusqu’ici, soit une augmentation de 40%.

L’opérateur suit en direct l’analyse des grumes par le nouveau scanner 3D ©Actumontagne

Comme l’ont souligné Grégory Martin et Jean-François Lapierre, cette transformation n’aurait pas été possible sans la mobilisation sur le long terme de nombreux acteurs du territoire, publics et privés, soucieux de défendre une filière bois stratégique dans les Savoie, comme au plan national : le Conseil départemental de la Savoie et celui de la Haute-Savoie, via le Conseil Savoie Mont-Blanc qui détient la compétence agriculture, bois et forêt, la commune de Rognaix, les services de l’État et de l’agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, ainsi qu’un important pool bancaire piloté par le Crédit agricole des Savoie dans lequel se trouvent la BNP, la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes, la Banque populaire Auvergne Rhône-Alpes, le Crédit Coopératif, ainsi que BPI.

Jean-Yves Barnavon et Eric Vial, directeur général et président du Crédit agricole des Savoie ©Actumontagne

Pour le premier financeur de l’économie des Savoie, c’est une fois encore la preuve de son soutien aux entrepreneurs savoyards qui s’engagent dans des projets ambitieux pour le territoire.
SC

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