Atout France (l’agence de développement touristique de la France) et l’association Nordic France  viennent de publier un bilan de la saison nordique 2015-16 (ski de fond, raquettes, chiens de traîneaux,etc), à partir des données fournies par les sites et associations départementales ou inter-départementales de gestion et de promotion des activités nordiques. Sans surprise au vu du faible enneigement global sur la saison, l’activité est en baisse, mais la perte de chiffre d’affaires est limitée.

1 743 818 journées-skieurs nordiques (ski de fond, raquetter à neige, promenades piétons, traîneaux à chiens et luge sur des espaces entretenus et payants) ont été enregistrées sur les différents sites nordiques en France lors de l’hiver 2015-16, en baisse de 23,6 % par rapport à l’hiver 2014-15. A titre de comparaison, pour le ski alpin, on comptabilisait 52 millions de journées-skieurs en 2015-16 (- 3% par rapport à 2014-15). La baisse du chiffre d’affaires (9 057 834 €) est plus limitée : – 14 % par rapport à l’hiver 2014-15. Les Alpes du Nord concentrent 48 % de ce chiffre d’affaires, le Jura 23 %, les Pyrénées 12 %, les Alpes du Sud 8 %, le Massif Central 6 % et les Vosges 3 %.

© Agence Photo Urope

Il est intéressant de noter que les deux massifs « dominants » sont aussi les moins chers ou presque : quand le tarif moyen de la journée de ski de fond est de 8 € et celui de la raquette de 3,50 €, les Alpes du Nord s’affichent à 7,73 € pour la journée de ski de fond et à 0 € pour la raquette (il s’agit du seul massif français où la raquette reste une activité totalement gratuite). Le Jura est lui à 7 € pour la journée de ski de fond et à 2,91 € pour la journée raquettes. Les massifs les moins chers sont les Vosges pour le ski de fond (6,19 €) et le Massif Central pour les raquettes (2,65 €). Les plus chers étant les Alpes du Sud pour le ski de fond (10,78 €) et les Pyrénées pour les raquettes (5,79 €).
Mais quels que soient les tarifs pratiqués, on constate une baisse du nombre de journées-skieurs comme du chiffre d’affaires en 2015-16, par rapport à la moyenne des 4 hivers précédents : -18,9 % pour les journées skieurs et – 12,7 % pour le chiffre d’affaires au niveau national ; de -12,1 % (Jura) à -33,6 % (Alpes du Sud) pour les journées skieurs et de – 8,1 % (Alpes du Sud) à – 25,6 % (Massif Central) pour le chiffre d’affaires. On remarque donc que les Alpes du Sud présentent la plus faible diminution de chiffre d’affaires malgré la plus forte baisse de journées-skieurs, ce en raison de l’application de nouvelles grilles tarifaires.

© Monica Dalmasso

Le manque de neige a concerné tous les massifs, en particulier en début de saison. C’est pourquoi le nombre de jours d’ouverture est logiquement en baisse par rapport à la moyenne des 4 hivers précédents. C’est le massif des Pyrénées a été le plus pénalisé (-32 %). Si l’on regarde département par département, on constate une grande disparité des situations, avec des baisses de journées-skieurs allant de 2 % pour les Pyrénées-Orientales à 65 % pour les Hautes-Pyrénées (et le plus souvent de 12 à 35 % pour les autres), alors que le chiffre d’affaires a chuté de 2 % (Savoie) à 59 % (Hautes-Pyrénées), les autres départements étant entre -5 % et – 38 %. L’Ariège fait exception : il s’agit du seul département français en progression en 2015-16 : + 6 % pour les journées-skieurs et + 5 % pour le chiffre d’affaires. Il semble en effet que le site de Beille (120 jours d’ouverture) ait bénéficié du report des clientèles des sites de basse altitude tant du côté français que du côté espagnol.

© Benjamin Becker

Les ventes des différents forfaits sont aussi en baisse en 2015-16 par rapport à la moyenne des 4 hivers précédents. Les séances scolaires (+ 1,3 % de CA) et les forfaits saison (-2,8 %) sont les moins impactés, malgré une diminution du nombre de journées-skieurs (respectivement de – 13,5 % et de – 13,9 %). Les efforts des gestionnaire pour maintenir une ouverture même partielle des sites (pour les scolaires) et la pré-vente (pour les forfaits saison) expliquent cette baisse plus limitée (ou légère hausse). A l’inverse, ce sont les forfaits de type jours consécutifs qui ont enregistré la plus forte baisse : – 28,9 % de journées-skieurs et – 23,7 % de chiffre d’affaires.

© Thomas Hytte / Stéphane Cervos

En conclusion, malgré les conditions d’enneigement problématiques de cet hiver 2015-16, la plupart des sites nordiques ont réussi à maintenir une offre de ski en ouvrant partiellement leur domaine et à limiter la baisse du chiffre d’affaires et la perte de pratiquants. Les skieurs assidus ont répondu présent, tout comme les scolaires, pratiquants de demain.

M.L.

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