Le gouvernement a-t-il décidé de rendre fou les exploitants de domaines skiables ? On est en droit de se le demander. A l’issue du Conseil des Ministres de ce jour, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a en effet annoncé… qu’il n’y aurait pas d’annonce sur une éventuelle ouverture des remontées mécaniques aujourd’hui, contrairement aux promesses… d’hier. Il faudra attendre la conférence de presse que donnera Jean Castex demain à 18h pour en savoir plus, au cours de laquelle le Premier Ministre annoncerait que le gouvernement renverra sa décision sur l’ouverture (ou non) des remontées mécaniques au 13 janvier, croient savoir nos confrères du Dauphiné Libéré !

La communication de nos dirigeants continue à être incompréhensible, à force de changements de cap permanents. Alors que le 11 décembre, Jean Castex avait évoqué le 7 janvier comme date de réouverture possible des remontées mécaniques, sous réserve de l’évolution des conditions sanitaires, Gabriel Attal a déclaré aujourd’hui : « Je veux rappeler que cette date a été annoncée comme un point de revoyure mais pas de réouverture. » Sans doute le porte-parole du gouvernement confond-il avec le secteur de la culture, pour lequel la date du 7 janvier avait bel et bien été annoncée pour une clause de revoyure…

Reverra-t-on des télésiège pleins cet hiver ? © archives Martin Léger

En attendant, la grogne monte en station. Une réunion d’un Conseil de Défense de la Montagne – un organe qui regroupe l’Association nationale des maires de stations de montagne / France Montagnes, le Syndicat National des Moniteurs de Ski Français et Domaines Skiables de France – s’est tenue ce matin. A son issue, un communiqué a été publié. « Alors que l’évolution de l’épidémie est stable, avec des chiffres décroissants en région Auvergne Rhône-Alpes, et que les vaccins commencent à arriver, la montagne française attend aujourd’hui le retrait du décret qui lui interdit d’ouvrir ses remontées mécaniques afin que les clients puissent s’organiser et réserver leur séjour de février », écrivent Jean-Luc Boch, Eric Brèche et Alexandre Maulin (présidents respectifs de l’ANMSM / France Montagnes, du SNMSF et de DSF), qui rappellent aussi que « le tourisme hivernal représente 120 000 emplois directs et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Sans ouverture, ce ne sont pas que les entreprises et salariés qui en subiront les conséquences, mais également toute la vie et les habitants de nos territoires de montagne. Les conséquences d’une absence d’ouverture risquent d’être la destruction définitive et irréversible de notre modèle économique. Depuis le dernier Plan Neige, 60 ans se sont écoulés avec un modèle économique viable. Le risque est sa disparition en l’espace d’un trimestre. »

Photo de une © Martin Léger

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