Malgré des températures anormalement élevées, les stations de ski françaises ont connu une baisse de fréquentation limitée durant l’hiver écoulé, grâce notamment aux importants investissements réalisés ces dernières années pour s’équiper en neige de culture. On observe néanmoins d’importantes disparités selon les massifs et les tailles des stations.

« Le travail initié depuis plusieurs années par les exploitants a porté ses fruits en cette saison particulièrement difficile et ainsi permis d’éviter une catastrophe économique ». Jean-Charles Faraudo, président du SNTF (chambre syndicale des exploitants de remontées mécaniques et de domaines skiables) résume assez bien le sentiment général au moment de dresser le bilan de l’hiver 2006-07 dans les stations françaises : si les chiffres ne sont pas bons, ils auraient pu être bien pires.
Selon Météo France, l’hiver écoulé a été le plus doux jamais enregistré depuis 1950, avec une température moyenne supérieure de 2,1 ° C par rapport à la normale saisonnière. Malgré cela, les stations françaises ont enregistré un recul d’activité limité, avec une baisse de 12 % des journées skieurs vendues (qui avaient atteint en 2005-06 le chiffre record de 56 millions) et de 10 % des recettes par rapport à l’hiver précédent. Le recul de fréquentation (journées skieurs vendues) n’est même que de 8 % par rapport à la moyenne des cinq hivers précédents. A titre de comparaison, l’hiver 1989/90 (lui aussi marqué par un enneigement naturel déficient) avait vu un recul de 30 % des journées skieurs vendues.
Le travail de préparation des pistes en amont pendant l’été et l’utilisation de neige de culture (qui couvre aujourd’hui 18 % des pistes françaises) expliquent ce bilan honorable compte tenu des conditions climatiques. « On estime que les conséquences de la douceur hivernale sur la fréquentation, sur les recettes et corollairement sur l’emploi en station, ont été réduites de moitié grâce aux investissement consentis ces quinze dernières années dans le domaine de la neige de culture par les stations les mieux équipées, et grâce au savoir-faire du personnel des pistes », analyse Laurent Reynaud, directeur du SNTF.

Les « grandes stations » s’en sortent mieux

On constate néanmoins d’importantes disparités selon les massifs. Ainsi, les stations des Alpes du Sud ont connu cet hiver une progression de leur nombre de journées skieurs vendues (+ 1% par rapport à 2005/06, + 1,2 % par rapport à la moyenne des cinq hivers précédents). La Savoie (-4 % et -2,1%) et la Haute-Savoie (-11 % et – 6,2 %) ont elles aussi bien limité la casse. En revanche, le bilan est négatif pour le secteur Isère / Drôme (-18 % et -15,7 %), les Pyrénées (-31 % et -26,3 %) et le Massif Central (-38 % et -18,1%), et même catastrophique pour le Jura (-53 % et -41,8 %) et les Vosges (-65 % et -52,9%).
On note aussi des différences notables selon la taille d’exploitation des domaines skiables. Ainsi, les « grandes stations » (celles dont le chiffre d’affaires dépassait 10 millions d’euros lors de l’hiver 2005-06) ont vu leurs recettes chuter de 6 % cette année. Cette baisse est de16 % pour les stations moyennes (CA compris entre 2 et 10 millions d’euros), 40 % pour les petites stations (100 000 à 2 millions d’euros) et de 98 % pour les très petites stations (moins de 100 000 euros).

Martin Léger

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