Alors qu’elle aurait pu être très bonne, notamment au vu des 45 jours consécutifs de beau temps entre le début du confinement et début mai, la fréquentation des domaines skiables français lors de l’hiver 2019-20 devrait être en recul de 16 % par rapport à la saison passée, et de 15 % par rapport à la moyenne des quatre derniers hivers. Si toutes les stations, quelle que soit leur typologie, sont en recul, deux catégories sont plus particulièrement touchées. Les plus petites (-25 % par rapport à la saison dernière/ -26 % sur la moyenne des quatre dernières saisons) ont été durement impactées par le déficit d’enneigement à basse et moyenne altitude tout au long de la saison. Les très grandes stations (-20 % / -19 %) ont de leur côté été les principales perdantes de l’arrêt brutal de la saison au 15 mars en raison de l’épidémie de Covid-19, alors qu’il restait plus d’un mois, voire un mois et demi, d’exploitation.

L’Alpe du Grand Serre a fait partie des rares stations de ski françaises qui étaient encore ouvertes dimanche 15 mars © Martin Léger

Aucun massif n’échappe au recul. Les plus en retrait sont ceux impactés par le manque de neige (-57 % / -52 % dans les Vosges ; -45 % / -45 % pour le Massif Central ; -26 % / -23 % pour le Jura), la Savoie (-19 % ; – 20 %) souffrant surtout du raccourcissement de l’hiver. La Haute-Savoie (-10 % / -9 %), l’Isère-Drôme (-10 % / -7 %), les Alpes du Sud (-10 % / -8%) et les Pyrénées (-10 % / -17 %) limitent davantage la casse.

Les chiffres de fréquentation au 14 mars (soit le dernier jour d’exploitation de l’hiver dans la quasi-totalité des stations, bien que certaines aient baissé le rideau un jour plus tard) laissent apparaître un recul de 2 % par rapport à l’hiver précédent. Les massifs alpins (+ 1%) et pyrénéens (-1 %) avaient profité d’un hiver plutôt bien enneigé sauf à basse altitude. Les Vosges (- 55%), le Massif Central (-42 %) et le Jura (-24 %) avaient eu souffert du déficit d’or blanc pour la moyenne montagne.

Enfin, Domaines Skiables de France (qui regroupe les exploitants de remontées mécaniques français) préconise un (léger) changement des zones de vacances. Partant du constat que la zone A (académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers) présente à la fois le plus petit nombre d’habitants (17 millions, contre 18 pour la zone C – Paris – et 29 pour la zone B – Marseille) et le plus faible taux de pénétration des clientèles des stations (27 %, contre 31 % et 42 %), DSF suggère de détacher les Hauts de France (6 millions d’habitants) de la zone B, afin de les raccrocher à la zone A. Ceci permettrait d’équilibrer les zones A et B à 23 millions d’habitants, et soulagerait le massif des Vosges, qui, actuellement, doit accueillir l’Est de la France – représentant la plus grande partie de sa clientèle – sur seulement 15 jours de vacances d’hiver. L’équilibre ainsi formé serait meilleur, tant pour la circulation routière que pour l’expérience client. Cette configuration permettrait aussi de lisser le pic de fréquentation, conduisant à des séjours moins chers en très haute saison.

Photo de une © Domaines Skiables de France

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