Alors que le monde financier et économique attend la nomination par le gourvernement Macron du nouveau patron de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui détient 40% de la la Compagnie des Alpes, l’ouverture du capital de cette dernière à des investisseurs chinois – le conglomérat Fosun, propriétaire du Club Med-, continue de susciter des protestations chez les élus montagnards.
Après Hervé Gaymard, alors député de Savoie ou Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne Rhône-Alpes il y a plus d’un an, c’est au tour du nouveau député savoyard Vincent Rolland, de monter au créneau contre l’entrée de capitaux chinois à la CDA. « Une telle perspective pour l’un des fleurons de notre économie montagnarde, est non seulement discutable, mais risquée », affirme-t-il, redoutant in fine, la perte de contrôle de cette entreprise française florissante, créée dans les années 90 et actrice majeure des territoires de montagne. Contre les arguments avancés par les partisans de cette ouverture, Dominique Marcel, le dirigeant de la CDA en tête, Vincent Rolland rétorque que les concurrents de la France sur le marché de la neige, et au premier chef les Autrichiens, n’avaient eux, pas ouvert leurs entreprises aux capitaux asiatiques, alors même qu’ils brillent à l’international et viennent même de ravir à la France sa place de numéro deux en terme de fréquentation des domaines skiables, derrière les Etats-Unis.
Vincent Rolland réfute l’idée que sa position, partagée par nombre d’élus et de socio-pros locaux, traduirait un repli sur soi. Il parle au contraire de vigilance concernant la gouvernance locale dans un contexte de concurrence internationale, et prône plutôt une solidarité et une co-construction entre acteurs économiques français, rappelant que les banques mutualistes savoyardes et les collectivités locales étaient prêtes à mettre la main au pot pour aider la CDA dans sa recapitalisation. « Les voies de collaboration avec la Chine et ses 300 millions de skieurs potentiels, ne pourraient-elles passer par des relations équilibrées et la création de nouvelles entreprises induisant des participations croisées… À l’État français de jouer son rôle », conclut le député dans un communiqué de presse envoyé à toutes les rédactions hier en fin de journée.

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