Les modifications climatiques, qui ont des résonances à l’échelle de la planète, perturbent aussi l’aérologie dans les Alpes. Michèle Verdier, directrice des Ballons du Mont-Blanc à Praz-sur-Arly, nous explique l’impact sur les vols en montgolfière.

actumontagne.com : Quelles sont les conditions météorologiques idéales pour voler en montgolfière ?

Michèle Verdier : Il faut un temps dégagé (ou des nuages élevés) et un vent stable, pas trop fort, dans une direction établie. En cas de vent trop fort au sol, on ne peut pas décoller. S’il y a trop de vent en altitude, on ne vole pas non plus, car ce serait trop dangereux. Il ne doit pas y avoir de risque de pluie ou de neige, ni ici ni dans les vallées alentours. En revanche, la neige au sol n’est pas gênante, ni au décollage ni à l’atterrissage. Nous sommes une compagnie aérienne, donc la sécurité est notre maître mot, et nous ne partons que si les conditions sont idéales. Nous faisons le point 48 heures avant avec les clients inscrits et nous reportons si nécessaire.

actumontagne.com : Quelles sont les conséquences des modifications climatiques sur les vols ?

M. V. : Il n’existe plus de période de beau temps établi. D’un jour à l’autre, les températures peuvent varier de 10 à 15 ° C, ainsi que la direction et la force des vents. Nous devons donc être très réactifs, très pointus sur la météo. C’est moins simple qu’avant, mais plus intéressant aussi pour nous, car plus technique. Cela oblige à s’adapter en permanence.
Cet été, les thermiques (courants d’air chaud ascendants) étaient surprenants. Ils se faisaient sentir dès le milieu de matinée, alors qu’en général ils n’arrivent que l’après-midi. Contrairement aux parapentistes ou aux deltistes qui les recherchent, nous les fuyons en montgolfière, car ils peuvent dégonfler la voile. Nous avons donc dû voler plus tôt que d’habitude pour éviter ce danger (les vols dans les Alpes n’ont lieu que le matin). Ce phénomène s’explique sans doute par l’instabilité générale.

actumontagne.com : Est-ce que tout cela a des répercussions négatives sur votre activité ?

M. V. : Non, au contraire, nous avons réussi à trouver davantage de créneaux pour voler. Mais des créneaux discontinus. Alors que les autres années, les conditions étaient bonnes de nombreux jours d’affilée, cette année nous avons décollé deux jours de suite, puis pas le lendemain, puis à nouveau le jour suivant… Et fin août 2007, nous avions déjà réalisé plus de vols que sur toute l’année 2006.

Propos recueillis par
Jeanne Palay

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244 € par personne pour le vol (30 à 40 mn), l’assurance, les transferts en 4×4.