Invité par le Département de la Savoie, à témoigner dans le cadre de l’opération des 10 défis climat, le médecin-explorateur Jean-Louis Etienne sait expliquer de façon simple et accessible le problème complexe du réchauffement climatique. Et nous motiver sans culpabiliser pour passer des intentions aux actes pour lutter concrètement au quotidien contre ce phénomène.

On ne présente plus Jean-Louis Etienne, le médecin devenu explorateur des pôles et des zones fragiles de la planète. Aujourd’hui ardent défenseur de la planète, il est une voix écoutée et pragmatique sur la lutte contre le réchauffement climatique. Un scientifique dans l’âme, qui valide sur le terrin les théories et sait vulgariser. Ainsi, il compare le réchauffement climatique à une petite fièvre qui monte -une fébricule en médecine- et contre laquelle il faut lutter sans tarder sinon, gare aux complications. « Avec une hausse moyenne des températures en un siècle mesurée à +0,8°C, ce qui ferait du 38°C chez un humain, la Terre est à l’aube des complications », explique le marcheur des pôles. « Les manifestations climatiques extrêmes, comme les cyclones ou les inondations exceptionnelles, telle celle de New York en 2012 (ouragan Sandy), sont les prémisses de ces complications liées à une dérégulation du climat. Il faut donc agir avant que les phénomènes ne s’aggravent et que la situation devienne irréversible ».

Pour Jean-Louis Etienne, n’en déplaisent aux climato-sceptiques, l’accélération de la température à la surface de la Terre est contemporaine de l’activité industrielle. « Dans les régions polaires que je fréquente, ce réchauffement climatique est une évidence. Quand je suis retourné au pôle nord en 2010, en survolant l’océan arctique en ballon, j’ai été frappé par l’importante des étendues d’eau libre par rapport à 1986 ».

En ligne de mire du scientifique, les énergies fossiles et en particulier le charbon, matière première la plus répandue à l’échelle de la planète en raison de son faible coût d’extraction. Il est le premier facteur d’émissions de CO2 sur la Terre.

« La Cop 21 a donné un cadre, c’est important, mais c’est au citoyen d’être l’acteur du changement climatique », estime Jean-Louis Etienne. « Chacun doit s’interroger sur les choix qu’il peut faire dans sa sphère d’influence, pour réduire sa consommation de CO2. Et c’est la somme des actions des 7 milliards de citoyens de la planète qui va faire que l’on va stopper l’emballement de la machine climatique », martèle-t-il partout en France, où il remplit les salles, comme à Aix-les-Bains hier soir, dans cette Savoie qui s’est fixée comme objectif de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.

Jean-Louis Etienne ©CD73

Parmi les comportements exemplaires à adopter au quotidien selon lui et que relaye l’opération 10 Défis Climat de la Savoie : isoler son habitat, privilégier les transports en commun, le co-voiturage ou l’autopartage avec des véhicules électriques, réduire ses déchets, opter pour des énergies renouvelables, comme l’hydroélectricité, très présente en Savoie avec ses nombreux barrages ou encore le solaire, photovoltaïque mais aussi thermique, qu’on sous-estime selon lui, la biomasse, la géothermie… Des changements d’habitude modestes en apparence, mais qui peuvent faire beaucoup pour le climat, si un maximum de personnes les adoptent. « En raison de l’inertie du système, nous ne verrons pas leurs effets positifs avant 50 ans, mais il y a des raisons d’être optimistes », pense celui qui prépare une nouvelle expédition pour 2018, Polar Pod pour étudier l’océan autour de l’Antarctique.

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