Après la réhabilitation de la Maison du Parc de la Vanoise à Pralognan-la-Vanoise, l’agence d’architecture Espace Gaïa signe celle de la Maison du Parc de Vallouise dans les Écrins. Elle est inaugurée ce samedi 5 juillet par Ségolène Royal. Rencontre avec les deux architectes Stéphane Marteau et Guillaume Daydé, dont le cabinet intervient de plus en plus en montagne et surfe avec succès sur la vague de l’éco-tourisme.

actumontagne : Comment vous êtes vous rencontrés et associés ?
Stéphane Marteau : Nous nous sommes connus à l’école d’architecture de Grenoble. A la fin de nos études, chacun a pris un chemin différent. J’ai créé Espace Gaïa en 2003, dans la foulée d’une expérience au Mexique sur l’île Isabel où j’ai travaillé dans le cadre de mon mémoire de fin d’études. Il s’agissait d’y développer le tourisme, tout en préservant l’environnement et les ressources de l’île. Des objectifs contradictoires qu’il a fallu concilier en imaginant de nouveaux concepts et aménagements touristiques. J’ai mené des expériences similaires en Afrique, et c’est ainsi que le cabinet d’architecture s’est positionné sur ce créneau de l’expertise touristique en milieux sensibles. Guillaume m’a rejoint en 2005, après un parcours effectué au sein de grandes agences internationales d’architecture et de design. Très complémentaire, nous nous sommes retrouvés sur le projet de construction du siège de Finn Forest à Honfleur, pour lequel nous avons intégré des objectifs environnementaux. C’est grâce à ce parti-pris décidé très en amont du projet, que nous avons remporté le concours.  

Stéphane Marteau et Guillaume Daydé, co-dirigeants d'Espace Gaïa

actumontagne : Depuis 2013, l’agence Gaïa s’est recentrée sur les réalisations en montagne. Pourquoi ?
Guillaume Daydé : Nous sommes spécialisés sur les milieux sensibles. La montagne en est un. En plus, nous sommes installés à Grenoble, travailler sur les contraintes des territoires alpins, c’est naturel et cohérent. Nous possédons un savoir-faire reconnu en territoire de montagne, grâce à nos expériences précédentes dans le tourisme solidaire et les sites d’hébergement. Nous disposons d’un réseau de partenaires pointus qui nous permet de constituer des équipes pluridisciplinaires. Ainsi, nous pouvons accompagner nos clients, les collectivités publiques ou les sites touristiques, à travers des études de positionnement, de définition et de faisabilité technique à destination des porteurs de projets qui les sollicitent. Nous pouvons aider ces derniers à formaliser leur projet. Deux de nos dernières réalisations témoignent de notre expertise touristique en montagne : la maison du Parc national de la Vanoise à Pralognan en Savoie, rénovée à l’été 2013, et celle du Parc national des Écrins à Vallouise, dans les Hautes-Alpes, inaugurée ce 5 juillet par Ségolène Royale, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

actumontagne : Le coup de jeune de la Maison du parc de Vallouise est un modèle du genre et d’éco-construction. Comment l’agence a-t-elle procédé ?
GD : Datant de 1976, ce bâtiment en verre et béton armé, unique dans les Hautes-Alpes, possède une vraie valeur patrimoniale. Il était très innovant à l’époque et le public y est très attaché. Mais le manque d’espace pour les équipes du parc, et la scénographie vieillissante des espaces d’accueil du public, nécessitaient de le restructurer. Cela bien sûr en conservant l’âme du bâtiment, et en faisant en sorte qu’il puisse accueillir tous les publics, conformément au label Tourisme & Handicap. Il devait également être exemplaire en terme de consommation énergétique. Grâce au choix des matériaux et des équipements techniques, notamment la chaudière à bois, la Maison du parc 2014 répond aux performances d’un bâtiment basse consommation.

actumontagne : Des projets en France et à l’international  ?
SM :  Le gîte Savoie Claire (quatre épis) à Hauteluce en Savoie, la Maison de la géologie à Rencurel, en Isère. A l’international, nous avons des projets au Chili et en Colombie, cette dernière étant une destination montante dans l’éco-tourisme. Nous pouvons mettre à profit notre expérience du Mexique et nous appuyer sur de vraies compétences locales.

Propos recueillis par Sophie Chanaron

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