En janvier et février dernier, les agents du Parc national de la Vanoise ont retrouvé une trentaine de bouquetins morts à Champagny-en-Vanoise, et près d’une centaine au-dessus de Modane, en rive droite de l’Arc. Un chiffre supérieur à la normale sur une population estimée à près de 500 sujets. De même, parmi la trentaine de femelles équipées de colliers émetteurs, et suivies régulièrement par les agents du Parc toujours du côté de Modane, sept seulement seraient encore contactées. L’autopsie d’une quinzaine de cadavres par le Laboratoire Départemental d’Analyses Vétérinaires de la Savoie a révèlé, outre la présence de signes actuels ou passés de ératoconjonctivite, une maladie affectant les yeux, des maladies pulmonaires ainsi qu’un amaigrissement anormal des ongulés. Si la pneumonie est une pathologie courante chez le bouquetin, réintroduit depuis les années 60 dans le Parc de la Vanoise dont il est l’emblème, c’est l’ampleur et la soudaineté du phénomène qui inquiètent les scientifiques. Cela d’autant que le même phénomène a frappé des populations de bouquetins dans le massif des Encombres et au Gran Paradiso. Le Parc national de la Vanoise évoque plusieurs hypothèses : mutation des germes incriminés devenus plus actifs, changement climatique, avec des étés secs affectant la ressource fourragère ou encore présence, depuis une dizaine d’années, d’un prédateur comme le loup qui contraint les bouquetins à évoluer dans des zones moins nourrissantes et à être plus mobiles… Des actions d’observation et de suivi scientifique des populations de bouquetins du parc ont donc été mis en place. Plusieurs organismes de recherche se mobilisent pour analyser les données récoltées lors des prochaines opérations de comptage estivales dans le Parc et tenter d’identifier l’origine de cette étrange épizootie.