De mai à novembre, les hommes du RTM ne ménagent pas leurs efforts pour sécuriser les zones à risques et prévenir notamment les avalanches. Nous avons suivi une équipe d’ouvriers forestiers qui oeuvrent dans l’Oisans.

 
Cinq silhouettes se détachent dans la lumière naissante de l’aube. Ces hommes qui, d’un pas alerte, gagnent de l’altitude pour rejoindre leur lieu de travail, ce sont les ouvriers du service du RTM de Bourg d’Oisans. Entendez par RTM, « restauration des terrains de montagne », un service de l’ONF. Quelle est  sa vocation ?
Lutter contre l’érosion dans les pentes raides, afin de réduire les dangers liés aux crues torrentielles, aux éboulements ou glissements de terrain… et aux avalanches menaçant les routes, les zones habitées ou les barrages EDF. Pour contrer ces dernières, tous les moyens sont bons. Ainsi, l’équipe du RTM se charge d’installer et d’entretenir régulièrement des ouvrages paravalanches en bois, telles que les barrières à vent contre lesquelles est retenue la neige susceptible de surcharger la couche dans les combes critiques, ou les trépieds : originaires de Suisse, constitués de trois sections de troncs d’arbres disposés de façon pyramidale et inclinés vers l’aval, ils constituent de véritables ancrages pour le manteau neigeux, enrayant son glissement. De même, la création et l’entretien de banquettes , longues plateformes horizontales et disposées parallèlement de haut en bas des pentes à risque, permettent de bloquer les coulées de façon naturelle.

Les ouvriers assurent également la protection des pistes ou stations de ski les plus exposées grâce à la mise en place de filets paravalanches. Les principaux commanditaires de ces opérations sont l’Etat (voir encadré), et les communes, essentiellement Oz-en-Oisans, Vaujany et l’Alpe d’Huez. 

Mener à bien de tels chantiers représente pour les ouvriers forestiers un réel défi technique, et nécessite une condition physique optimale. En effet, comme le souligne Rémi Paccaud, chef de l’équipe du RTM à Bourg-d’Oisans, la tâche n’est pas de tout repos : « J’ai débuté dans le métier à 27 ans : j’avais la forme. Mais, l’âge avançant, on se fatigue plus vite ». Il est donc impératif de disposer d’un bon capital santé pour se lancer dans des travaux où l’utilisation de la pioche ou de la masse est monnaie courante… sans oublier que la chaleur, le vent, la pluie voire la neige, sollicitent quotidiennement la résistance aux aléas climatiques du milieu montagnard.
Pour autant, des moments privilégiés ne sont pas exclus : « les côtés sympathiques, ce sont par exemple un beau lever de soleil ou la rencontre matinale avec un chamois ou un chevreuil. Par rapport au simple promeneur, nous bénéficions d’une approche plus riche de la montagne », explique Rémi.  « Ce qui me séduit dans ce métier », ajoute-t-il, « c’est une certaine liberté, le fait d’être en plein air, et de changer souvent de lieu de travail et de tache. Et puis, quand on voit le résultat à l’issue d’un chantier, il y a la satisfaction du devoir accompli ». Vous comprendrez aisément cette satisfaction, et les enjeux représentés, si vos pas vous mènent un jour vers les ouvrages paravalanches et les banquettes de la montagne du Bras près de l’Alpe d’Huez, ou bien vers les nombreux secteurs sécurisés par les ouvriers RTM… en Oisans.

Guillaume Léger

Parenthèse historique…

Au milieu du XIXème siècle, l’Etat décide de prendre à son compte, sous la houlette de Prosper Demontzey, les zones dangereuses afin de les sécuriser… Le service de la RTM était né, et les zones en question sont aujourd’hui devenues les forêts domaniales : l’Etat en est toujours propriétaire, c’est donc sous ses ordres que le RTM agit.